Piotr Butowski : Russia’s Warplanes, volume 1 - « Russian-made Military Aircraft and Helicopters Today »  ; Harpia Publishing, 2015 ; 252 pages.

Durant toute la guerre froide, la recherche d’informations sur l’aviation soviétique a été vitale en s’inscrivant dans un contexte d’espionnage et d’intoxication mutuelle entre l’Otan et le pacte de Varsovie. Depuis la chute du Mur et l’effondrement de l’URSS, l’accès est devenu plus aisé et permet d’avoir une meilleure connaissance de l’aéronautique russe.

Philippe Hugon : Afriques : entre puissance et vulnérabilité ; éd. Armand Colin, 2016

L’auteur pratique et parcourt depuis de nombreuses années le continent africain. Certes pas en touriste, encore moins, pourrait-on dire, en explorateur de l’exotisme. Ni en témoin engagé et captif d’une idéologie ou d’idées arrêtées. Mais en observateur exigeant et n’hésitant jamais à enrichir ses analyses ou à les ajuster en fonction d’une recherche ou d’une réflexion toujours en alerte.

Gilbert Buti et Philippe Hrodrej (dir) : Histoire des pirates et des corsaires de l’Antiquité à nos jours ; CNRS Éditions, 2016, 601 pages

Cet ouvrage très complet et bien documenté, agréable à lire, a l’ambition d’être « la première histoire exhaustive des pirates et des corsaires à l’échelle mondiale ». Il invite le lecteur à un voyage dans le temps, des pirates de la Méditerranée antique à ceux de l’Asie du Sud-Est aujourd’hui, comme dans l’espace tout au long des routes maritimes qui sillonnent la planète.

Jean-José Ségéric : Churchill et la guerre navale ; L’Harmattan, 2016 ; 435 pages.

Les éditions L’Harmattan publient énormément, boulimie qui va de pair avec la maltraitance des auteurs. Dans cette pléthore brillent quelques perles. Le livre de Jean-José Ségéric en est une. Officier de marine de profession, l’auteur se limite à la carrière navale de son héros. Il y a beaucoup à dire, puisque Winston Churchill fut Premier ministre de 1940 à 1945 et de 1951 à 1955, et Premier Lord de l’Amirauté en 1939.

Cyrille P. Coutansais : L’empire des mers : atlas historique de la France maritime  ; éd. CNRS - Musée national de la Marine, 2015.

Un ouvrage de qualité, très bien documenté et illustré par d’excellentes cartes, de lecture claire et agréable. Articulé de façon chronologique, ce travail couvre l’ensemble de la période historique de Philippe Auguste jusqu’à nos jours.

Michel Eltchaninoff : Les nouveaux dissidents ; Stock, 2016 ; 254 pages.

Dans son essai Les nouveaux dissidents, le philosophe Michel Eltchaninoff, spécialiste de Dostoïevski, auteur d’un remarqué Dans la tête de Poutine (Actes Sud, 2015) dresse une cartographie renouvelée de militants du monde entier qui prolongent le vieux modèle des années 1970 de la dissidence. Ce mot, d’origine religieuse désignant la résistance à la pensée dominante, avait été créé pour caractériser l’action de personnalités qui, en URSS et dans le camp socialiste, s’opposaient à leurs dirigeants totalitaires.

Guillaume Bourgeois : La véritable histoire de l’Orchestre rouge ; Nouveau Monde Éditions, 2015 ; 582 pages.

L’histoire se construit souvent sur la base de mensonges ? On ne compte plus les faux célèbres comme la donation de Constantin, qui aurait fait cadeau de l’Empire à l’Église d’Occident, le faux testament de Pierre le Grand ou le Protocole des Sages de Sion (1901). Ce sont là quelques exemples les plus fameux de mystifications de grande ampleur. Dans le domaine de l’espionnage ou des actions clandestines, la dissimulation, seconde nature, se mesure souvent au carré, sinon plus. L’imposteur a d’autant plus de chance d’imposer son récit qu’il a pris la peine d’éliminer les témoins.

Matthieu Renault : L'Amérique de John Locke : l'expansion coloniale de la philosophie européenne ; éditions Amsterdam, 2014 ; 205 pages.

Mathieu Renault, docteur en philosophie politique et chercheur post doctoral à l'Université Paris Diderot présente ici une étude stimulante qui corrige les idées reçues sur la pensée de John Locke. Considéré par les philosophes et les scientifiques comme le père d'une pensée empirique développée en réaction contre le rationalisme de Descartes, John Locke est aussi le père d'une réflexion politique sur ce qu'une philosophie du libéralisme pourrait qualifier de 'juste impérialisme'.

Barbara Coudenhove-Kalergi : Le Monde pour patrie ; Les Éditions Noir sur Blanc, 2016 ; 480 pages.

En mai 1945, à Prague, le peuple insurgé, depuis le 5, mit fin à l’occupation allemande : la guerre arriva à son terme. La jeune Barbara, âgée de treize ans, fourra dans un sac à dos ses biens les plus précieux : une couverture de laine et un couteau de poche. C’est là tout ce que sa famille possédait encore, au moment de fuir vers l’ouest, le 8 mai 1945.

Yann Mens : 30 questions pour comprendre les tensions dans le monde musulman ; Les Petits Matins, 2016 ; 192 pages.

Ces dernières années, les livres portant sur le califat, sur Daech, la Syrie ou l’Irak, comme sur l’islam ont à nouveau proliféré, suite aux vagues éditoriales qui avaient déferlé après la victoire de la « révolution islamique » à Téhéran en février 1979, au djihad afghan ou aux attentats du 11 septembre. Journaliste à Alternatives économiques, Yann Mens ne prétend nullement traiter les choses en profondeur ; il faudrait pour cela des dizaines de volumes !

Pierre de Senarclens : Les illusions meurtrières - Ethno nationalisme et fondamentalisme religieux ; L’Harmattan, 2016 ; 250 pages.

Professeur honoraire de relations internationales à l’Université de Lausanne, auteur de plusieurs ouvrages portant sur l’histoire des idées et sur les relations internationales contemporaines, Pierre de Senarclens part du constat, unanimement partagé, que les idéologies qui avaient dominé la guerre froide, surtout celles de type marxiste, ont perdu de leur audience planétaire, laissant la voie libre à l’emprise de valeurs hétérogènes d’inspiration ethnique et religieuse.

Jean-Manuel Larralde et Stéphane Leclerc (dir.) : Les 50 ans du traité de l’Élysée 1963-2013 (Le couple franco-allemand dans la construction européenne)  ; L’Harmattan, 2016 ; 192 pages.

Au moment où le couple franco-allemand semble traverser un nouveau trou d’air, comme l’a montré la manière dont, aux yeux de Paris, Angela Merkel a négocié personnellement, en direct l’accord avec la Turquie sur l’accueil et le renvoi des migrants, il est plus que nécessaire de se pencher sur les rapports franco-allemands, qui depuis l’origine a toujours été considérée comme le fondement essentiel du muet de l’unification européenne.

Bertrand Badie : Nous ne sommes plus seuls au monde, Un autre regard sur l’« ordre international »  ; La Découverte, 2016 ; 252 pages.

Professeur des Universités à Sciences Po Paris, auteur d’une vingtaine d’ouvrages de référence, Bertrand Badie fait figure d’un des analystes les plus pénétrants des relations internationales en France. En cette année 2016, au moment où la conjoncture internationale est d’une rare complexité, comme elle ne l’a jamais été depuis soixante-dix ans, quel regard porte-t-il sur le monde ?

Galia Ackerman : Traverser Tchernobyl  ; Premier Parallèle, 2016 ; 236 pages.

Voici vingt ans que Galia Ackerman fréquente ceux qui sont la mémoire de Tchernobyl, après avoir écrit notamment Les Silences de Tchernobyl (Autrement, 2006) et Tchernobyl : retour sur un désastre (Gallimard, 2007) sur la plus grande catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986. Celle-ci a émis un « nuage » radioactif, qui a fait le tour de la planète, et créée une zone contaminée de 200 000 km², majoritairement dans un rayon de quelques centaines de kilomètres autour de la centrale en Ukraine et en Russie.

Ivan Cadeau : Diên Biên Phu (13 mars - 7 mai 1954) ; Tallandier, Collection Texto, 2016 ; 208 pages.

Ivan Cadeau, docteur en histoire, officier enseignant auprès de différents organismes de l’Armée de terre, spécialiste de la guerre d’Indochine et de la guerre de Corée, a soutenu sa thèse sur l’action du génie en Indochine. C’est donc logiquement qu’il signe, dans la collection « L’histoire en batailles » chez Tallandier, un volume sur Diên Biên Phu après avoir publié La Guerre d’Indochine chez le même éditeur en 2015. La défaite de Diên Biên Phu, si inattendue, a soulevé en France beaucoup d’incompréhension et a conduit à la formation d’une commission d’enquête en 1955.

Hubert Védrine : Le monde au défi  ; Fayard, 2016 ; 120 pages.

Dans ce court essai, l’ancien ministre des Affaires étrangères revient sur certaines idées qui lui tiennent à cœur. Le tenant de la Realpolitik qu’il remet en cause, la notion de communauté internationale qui lui paraît être plus une formule, un objectif à atteindre, voire une illusion qu’une réalité. Certes, admet-il, les éléments constitutifs de la communauté internationale existent.

Jean-Marc de La Sablière : Le Conseil de sécurité des Nations unies (préface de Kofi Annan) ; Lancier Éditeur, 2015 ; 352 pages.

Il fallait pour présenter l’histoire et l’activité du Conseil, en mettant en évidence « ses ambitions » mais aussi « ses limites », une connaissance approfondie de cet organe, de son adaptation aux évolutions du monde, de ses réussites comme de ses échecs. Cette connaissance, l’auteur l’a acquise au cours de trois séjours à la Mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York à des périodes très différentes, mais aussi dans l’exercice des responsabilités de haut niveau qui lui ont été confiées auprès du président Chirac et au Quai d’Orsay.

Vibeke Knoop Rachline : Les Norvégiens pacifistes  ; Ateliers Henry dougier, 2015 ; 142 pages.

Souvent érigée en modèle, la Norvège, indépendante depuis 1905 seulement, est un pays envié. Son fonds d’investissement, le plus important du monde, est riche de près de 900 milliards de dollars, pour une population de 5 millions d’habitants, et possède près de 3 % de la capitalisation boursière mondiale. Chaque Norvégien dispose d’un revenu annuel de plus de 80 000 euros par an !

François Heisbourg : Secrètes histoires - La naissance du monde moderne  ; Stock, 2015 ; 372 pages.

Nous savons tous, commence François Heisbourg, que le monde actuel, avec ses défis, ses crises endémiques et ses acteurs en quête de puissance ou de revanche, est né de l’effondrement de l’URSS en 1991 et du triomphe en trompe-l’œil des États-Unis. Ajoutons que nous le savons aujourd’hui, mais qu’au début des années 1990, cédant à l’hubris de la victoire, contrairement aux règles de l’école réaliste, dont l’un des représentants le plus éminent fut Henry Kissinger, Washington a peu œuvré pour intégrer vraiment la nouvelle Russie dans le concert des nations.

Nicolas Barotte : François et Angela ; Grasset, 2015 ; 270 pages.

Ainsi en va-t-il du couple ou du tandem franco-allemand : il pousse mécaniquement Paris et Berlin à se concerter en permanence, à agir ensemble, à avancer des propositions qui font progresser l’Union européenne. Cette attraction ne dépend ni de la couleur politique des dirigeants des deux pays, ni de leur âge (Jacques Chirac aurait pu être le père d’Angela Merkel), ni bien sûr de leur sexe.

Maya Szymanowska : Les Polonais audacieux ; Ateliers Henry Dougier, 2015 ; 144 pages.

Pays tiraillé entre l’Orient et l’Occident, la Pologne est en suspens, comme crucifiée, profondément ancrée dans la foi catholique, mais où la laïcité gagne du terrain face à une Église qui renâcle à changer. Un pays où les femmes ont été les premières à obtenir en Europe le droit de vote (1918), mais où elles subissent aujourd’hui une loi sur l’avortement la plus restrictive d’Europe.

Christopher Booker et Richard North : La grande dissimulation (préface de Jacques Sapir)  ; Éditions du Toucan/L’Artilleur, 2016 ; 823 pages (2003 pour l’édition anglaise, Bloomsbury Publishing Plc).

L’ouvrage volumineux est divisé en 21 chapitres. Il éclaire les lecteurs sur les aspects peu connus (peu glorieux ?) de la construction européenne. Les auteurs présentent l’évolution de l’idée européenne et sa réalisation politique et institutionnelle « de manière rigoureuse » (Jacques Sapir). En effet, le travail de recherches historiques, qui est la base du livre, est considérable.

Emmanuel Vivet (dir.) : Négociations d’hier, leçons pour aujourd’hui  ; Larcier, 2014, 364 pages.

La négociation, écrit Georges-Henri Soutou, est le sommet de la diplomatie. C’est une science qui a ses règles et ses références. Son étude – qui s’est systématisée – relève de disciplines diverses : la théorie des jeux qui évalue les gains potentiels des joueurs, la sociologie qui dégage des lois générales liées à leurs positions sociales et leurs intérêts réels, la science politique et la psychologie. Mais c’est peut-être l’histoire qui permet au praticien de tenter de dégager au mieux des enseignements des grandes négociations du passé.

Andreas Rupprecht : Flashpoint China: Chinese Air Power and the Regional Security  ; Harpia Publishing, 2016 ; 80 pages.

Après des années de rétention de l’information, les données sur la défense chinoise commencent à circuler et permettent d’améliorer la connaissance de l’armée populaire de libération et de la plupart de composantes. L’analyse de l’ordre de bataille et des moyens aériens est désormais possible, même si de nombreux obstacles subsistent, la plupart venant des autorités chinoises elles-mêmes, malgré un discours censé promouvoir une plus grande transparence.

Général Vincent Desportes : La dernière bataille de France  ; Gallimard, 2015 ; 200 pages.

Vincent Desportes n’est pas content. Quand ce général n’est pas content, il le dit. Quand il le dit, cela s’entend. La bataille, dernière selon le titre, ne se joue pas sur le champ, mais dans la situation de nos armées, laquelle ne cesse de se dégrader. Certes, constate l’auteur, nous engageons nos forces à tout va et avec un succès apparent. Mais si nous sommes capables de gagner des batailles, nous sommes incapables de gagner des guerres.

Février 2017
n° 797

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15-02-2017

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