Février 2018 - n° 807

Réflexions stratégiques

« La complexité appelle la stratégie. Il n’y a que la stratégie pour s’avancer dans l’incertain et l’aléatoire »

Edgar Morin

Éditorial - Jérôme Pellistrandi

La trêve olympique a déjà eu un effet positif en faisant baisser, du moins temporairement la tension entre les deux Corée. À défaut d’une dénucléarisation très   peu probable de la Corée du Nord, les flocons de neige et les flonflons auront permis une reprise nécessaire et utile du dialogue. Cette pause stratégique ne doit cependant pas faire illusion, alors que le rapport de force est redevenu le régulateur des relations internationales. Lire la suite

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Revue Défense Nationale - Février 2018 - n° 807

Réflexions stratégiques

La trêve olympique a déjà eu un effet positif en faisant baisser, du moins temporairement la tension entre les deux Corée. À défaut d’une dénucléarisation très   peu probable de la Corée du Nord, les flocons de neige et les flonflons auront permis une reprise nécessaire et utile du dialogue. Cette pause stratégique ne doit cependant pas faire illusion, alors que le rapport de force est redevenu le régulateur des relations internationales.

D’où la nécessité de poursuivre les analyses sur les enjeux de défense lancés cet automne par les travaux ayant abouti à la Revue stratégique et qui se concrétiseront dans la Loi de programmation militaire présentée ce mois-ci qui va effectivement définir, dans la durée, les ambitions réelles pour notre pays. Il y a bien sûr des choix à faire, en particulier pour que l’Europe de la défense ne soit plus seulement un vœu pieux. Cela passe par une véritable réflexion sur un environnement de défense toujours plus complexe et incertain.

Il en est ainsi de l’Asie, où la Chine a renoué avec la puissance impériale en développant en priorité ses capacités navales, au risque d’entrer en confrontation non seulement avec les États-Unis mais également avec ses voisins dont le Japon. Et ce n’est pas un hasard si Londres, qui va bientôt retrouver un groupe aéronaval digne de ce nom, a déclaré que l’un de ses deux nouveaux porte-avions irait croiser au-delà de l’océan Indien, vers cet océan Pacifique, désormais au centre de gravité de l’économie mondiale. Cette ambition britannique renoue d’ailleurs avec la tradition navale de Londres, au détriment de la force terrestre, mise à mal depuis le retour d’Irak, sans parler du Brexit.

Ces incertitudes stratégiques sont également sensibles en Afrique subsaharienne où la montée en puissance de la force du G5 Sahel doit contribuer à stabiliser la région, à commencer par le Mali dont la fragilité reste patente malgré les efforts notoires engagés notamment par la France. La faiblesse endogène de l’État reste de facto une source de conflictualité difficile à combler. C’est aussi la nécessité et la démonstration que la France doit disposer d’un modèle d’armée complet capable de dialoguer avec un chef tribal rebelle tout en garantissant la dissuasion nucléaire et en exploitant toutes les ressources de l’innovation, en particulier autour de l’Intelligence artificielle et des nouvelles capacités des systèmes autonomes. Rusticité et haute technologie sont de fait indispensables pour couvrir l’éventail actuel et futur des conflits potentiels.

Certes, la réponse militaire face à une crise n’est pas suffisante pour la résoudre, mais elle est indispensable car le soft power longtemps revendiqué par l’Union européenne n’est crédible que s’il s’appuie sur un hard power apte à traiter en même temps une cyberattaque sophistiquée et un engagement de forces au-delà de nos frontières. Cette ambition dont on s’aperçoit qu’elle est davantage prise en compte par nos partenaires, a toujours été au cœur de notre défense.

C’est la feuille de route qui est maintenant à mettre en œuvre pour nos armées. C’est la garantie pour nos concitoyens que la paix sera défendue non par le renoncement mais par la volonté.

Tribune

08 Novembre 2018

La Centrafrique : un pays écartelé entre influences française et russe (T 1051)

Morgane Caïazzo

L’activisme russe en Centrafrique obéit à des objectifs précis visant d’une part à accaparer les richesses du sous-sol et d’autre part à évincer la France, celle-ci étant peu encline à engager un effort significatif pour soutenir un régime dont la gouvernance laisse à désirer.

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Article gratuit jusqu'au 08 Décembre 2018

Florilège historique

Semaine 46

« Le miracle brésilien : mythe ou réalité ? » (février 1972) par Jeanne Revers

À l’heure où l’on s’interroge sur le projet politique du nouveau président du Brésil, la RDN s’intéressait en 1972 aux profondes évolutions économiques avec un pays en pleine mutation dont le symbole était la nouvelle capitale Brasilia construite ex nihilo. Lire la suite

e-Recensions

Jacques R. Pauwels : 1914-1918 - La grande guerre des classes  ; 2e édition mise à jour, traduit du néerlandais par Frank Degrez ; Éditions Delga, 2016 ; 552 pages.

L’historiographie de la Première Guerre mondiale s’intéresse généralement aux aspects militaires ou politiques du conflit. L’angle social est souvent négligé. L’ouvrage de Jacques R. Pauwels, historien belge néerlandophone, publié par les éditions Delga, répare opportunément cet oubli. Lire la suite

Serge Gadal

Les cahiers de la RDN

Euronaval 2018 - Octobre 2018

Société civile et communauté militaire : défendre ensemble les valeurs de la France - Actes de colloque - Juillet 2018

CHEM 2018 - Action 2030 (septembre 2018)

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Cahier de la RDN - Euronaval 2018 (23-26 octobre)

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