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Avril 1978 - n° 376

La dissuasion n'est pas un objet acquis définitivement. Les grandes puissances, même si elles s'en défendent, n'en recherchent pas moins activement la percée technologique, le « breakthrough » qui assurera une supériorité incontestable à leurs armes. Dans cette bataille engagée dès maintenant en matière de « stratégie génétique », notre pays ne risque-t-il pas de voir son armement déclassé et la crédibilité de sa force nucléaire stratégique remise en cause ? Question d'autant plus opportune que certains des éléments les plus anciens de notre Force nucléaire stratégique (FNS) auront bientôt vingt ans d'âge. Pour éclairer les décisions relatives à l'évolution de nos armements à long terme, il convient de cerner du mieux possible les conditions qui risquent de prévaloir dans le monde de l'an 2000, et ceci pour trois domaines : la technique, le champ politico-stratégique et les concepts d'emploi des armements. Cet article s'inspire d'un exposé fait il y a quelques mois sur le même sujet à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN).

En évoquant l'évolution du concept de défense américain, cet exposé se propose de rappeler le système de forces sur lequel il repose aujourd'hui avant d'esquisser les orientations qu'il est susceptible de prendre avec la nouvelle administration démocrate.

L'auteur expose ici la situation économique difficile du Portugal et la position délicate de M. Soares dont le nouveau gouvernement, formé en février 1978 après une crise qui a duré deux mois, repose sur la coalition hétérogène associant le Parti socialiste au Centre démocratique et social. Il semble que le Parti socialiste de M. Soares soit menacé d’effritement à ses deux ailes et que les pertes qu’il subit bénéficient au Parti communiste et à la droite conservatrice des anciens caetanistes.

La démission, début février, de M. Georg Leber, membre du parti social-démocrate (SPD), ministre de la Défense de la République fédérale d'Allemagne, et son remplacement par M. Hans Apel, SPD lui aussi, jusqu'alors ministre des Finances, sont le résultat de sérieuses difficultés au sein de la Bundeswehr ; ces changements amorcent des évolutions qui sont lourdes de conséquences pour l'avenir du SPD et de la politique intérieure allemande. Malgré le râle très positif joué par Georg Leber tant dans le développement de la Bundeswehr que dans l'affermissement des rapports entre la RFA et l'Alliance atlantique, le Chancelier Helmut Schmidt a été contraint de se séparer d'un ministre, très populaire à l'origine, mais dont la crédibilité s'était érodée à la suite de diverses « affaires » nuisibles à la réputation de la Bundeswehr et du gouvernement fédéral. À condition qu'il réussisse dans ses nouvelles fonctions et que les positions électorales de son parti ne se détériorent pas davantage, Hans Apel pourrait devenir un des principaux dirigeants du SPD au cours des années 1980. L'auteur analyse l'arrière-plan des mutations intervenues récemment à Bonn.

Avant de porter quelque jugement que ce soit sur les Sud-Africains, il convient d'abord de bien saisir leur état d'esprit, leur situation qui est sans rapport avec celle, par exemple, des Français dans l'Algérie des années 1950. Les « Afrikaners » n'ont, hors d'Afrique, pas de métropole capable de leur offrir un refuge en cas de malheur, et ils se considèrent, avec quelque raison, comme une vigie du monde occidental tenant une position et des réserves de matières premières stratégiques très importantes sur un continent menacé par les entreprises communistes. Certes, rien de ceci ne justifie l'apartheid. Mais, là encore, avant de porter un jugement catégorique sur le phénomène, il convient de se reporter à ses origines, d'en suivre l'évolution à travers l'histoire, de prendre en compte les données de la démographie et de connaître les positions actuelles des partis sud-africains à cet égard et les solutions qu’ils proposent pour la résolution du problème que pose la majorité noire.

En Amérique latine plus qu'en toute autre région du monde, les firmes transnationales sous dépendance américaine, en raison de leur puissance, structurent l'économie des nations-hôtes selon leur logique propre, celle du profit privé. Comment ces nations peuvent-elles faire prévaloir leurs préférences pour des structures qui mettraient l'appareil de production au service du peuple ? Ceci suppose l'instauration d'une politique concertée au niveau mondial. L'auteur indique un certain nombre d'objectifs concrets que pourrait se fixer une telle politique.

Chroniques

* L’intervention soviéto-cubaine dans la corne de l’Afrique compromet la détente : un nouvel accord SALT constituerait une étape importante vers une amélioration des relations entre nos deux pays (États-Unis et Union soviétique). Mais il est évident que le caractère de nos relations dépend également d’une certaine retenue ainsi que des efforts constructifs qui seront consentis pour résoudre des conflits localisés comme celui dont la corne de l’Afrique est le théâtre. L’intervention en cours dans cette région accentue inévitablement les hostilités et accroît la tension dans le monde. Lire la suite

Bibliographie

Le Professeur Charles Zorgbibe, que nos lecteurs connaissent par ses articles, a voulu non seulement rappeler ce que furent les efforts de construction politique de l’Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale, mais surtout en dégager les lignes de force et en éclairer la logique. Cette intention apparaît dans les titres des trois chapitres – « Le temps des chantiers » (1947-1958), « Le temps des controverses » (1958-1969), « Le temps des relances » (1969-…) – de la première partie de son ouvrage, « Les trois âges de l’Europe politique ». Au-delà des faits, il va ainsi jusqu’aux motivations. Lire la suite

Élève de Stanley Hoffmann et de Henry Kissinger à Harvard, d’Alfred Grosser à Paris, Lois Pattison de Ménil, au confluent de plusieurs cultures nationales ou écoles des relations internationales, était mieux placée que quiconque pour traiter avec objectivité et ouverture de la conception gaullienne de l’Europe. Lire la suite

Alors que l’on s’achemine vers la conclusion de l’accord dit SALT II et que l’Assemblée générale des Nations unies s’apprête à débattre des problèmes du désarmement au cours d’une session spéciale (printemps 1978), il est expédient de soumettre à un nouvel examen les modalités et la fonction du contrôle qui est apparu dans le passé comme le principal obstacle à une authentique limitation des armements. Certes, les conceptions maximales développées dans les années 1950 ont dû céder le pas à des formules de vérification plus simples, l’objectif poursuivi par les négociateurs étant moins d’obtenir une garantie absolue quant à l’exécution de toutes les clauses d’un traité que de rassurer les États signataires sur les incidences politiques et stratégiques d’une réduction concertée des armements. Grâce aux progrès de la technologie, le contrôle peut désormais s’effectuer à distance avec des moyens de vérification nationaux, et les performances des instruments de détection spatiale permettent de réduire au minimum les inspections in situ. C’est ainsi que les deux grandes puissances nucléaires ont pu s’engager dans la voie de l’arms control et ont réussi dans une certaine mesure à stabiliser l’équilibre sur lequel repose la dissuasion réciproque. Lire la suite

François Fejtö : François Fejtö : L’héritage de Lénine ; Librairie générale française, 1977 ; 636 pages  ; Librairie générale française, 1977 ; 636 pages - André Nolde

Il s’agit d’une nouvelle édition, en format de poche, d’un des ouvrages essentiels de François Fejtö, qui est, sans doute, le plus éminent parmi les spécialistes du communisme mondial. Cet ouvrage avait paru la première fois en 1973 et nous en avions rendu compte dans le numéro de janvier 1974 de la revue. « L’héritage de Lénine » disions-nous entre autres, est à la fois un livre d’histoire, mais relié à l’actualité, et aussi une sorte de manuel, mais imprégné de réflexions philosophiques personnelles qui lui confèrent une profondeur et une résonance exceptionnelles. Il constitue en outre dans cette édition à large diffusion, une excellente introduction à toute étude sérieuse de sociologie moderne. Le texte primitif est repris pour l’essentiel, mais l’auteur y a apporté des additions relativement importantes qui rehaussent aussi bien l’intérêt historique que l’actualité de l’ouvrage.

Ce petit ouvrage (dont le titre surprend quelque peu sous la plume d’un académicien) se présente comme une suite de réflexions sur les problèmes scientifiques, sociaux et économiques les plus caractéristiques de notre temps, en France et dans le monde. La plupart de ces problèmes sont connus. Ils ont été abondamment discutés, à l’approche des élections, dans la presse et l’audiovisuel. L’originalité et l’intérêt des points de vue exprimés par Louis Leprince-Ringuet tiennent à trois facteurs. Lire la suite

Ce deuxième tome de la « Grande histoire des Français sous l’Occupation » se veut, dans la lignée du précédent, une minutieuse enquête de psychologie historique cherchant à cerner les rapports entre le maréchal Pétain et les Français de juin 1940 à juin 1943. Henri Amouroux fait preuve ici d’un réel talent de conteur. Son ouvrage est en effet construit comme une pièce de théâtre : la première partie nous présente les protagonistes (L’homme de 1856 et les Français de 1940) ; la deuxième introduit les chœurs (L’assemblée des fidèles) et la troisième voit l’entrée en scène des futurs héros (Des adversaires bien élevés). Lire la suite

André Zeller : André Zeller : Soldats perdus ; Librairie Académique Perrin, 1977 ; 409 pages  ; Librairie Académique Perrin, 1977 ; 409 pages - André Nolde

Le général André Zeller confirme avec ce nouvel ouvrage, sa reconversion en historien. Il s’agit cette fois d’histoire militaire. « Soldats Perdus » est une recherche sur les bouleversements entraînés dans l’armée par la chute de Napoléon et la restauration de la monarchie des Bourbons entre 1814 et 1823. Période difficile pour les cadres, comme pour la troupe. Après 20 ans de campagnes presque ininterrompues sur tous les champs de bataille de l’Europe, l’armée, couverte de gloire, convaincue d’être l’élite de la nation et en profond accord avec celle-ci, se retrouvait du jour au lendemain (et les Cent Jours n’y changèrent pas grand-chose) sans chefs de valeur, sans appuis auprès du nouveau pouvoir, soupçonnée par celui-ci et par le pays tout entier de comploter contre une paix ardemment désirée par tous. La reconversion, accompagnée d’épurations, de licenciements, de mises en demi-solde, et entraînant le retour des unités dans de mornes garnisons, se révéla une opération pénible et souvent cruelle. Lire la suite

L’Essai de bibliographie critique établi par Paul Harsin et inséré à la fin du monumental ouvrage d’Edgar Faure sur le « Système » financier introduit en France sous la Régence par l’Écossais Law, permet de mesurer l’intérêt considérable manifesté par les historiens français ou étrangers pour cette expérience assez étonnante de modernisation des structures économiques et monétaires d’un pays. Lire la suite

Le livre de Richard Friedenthal, traduit de l’allemand par Denise Meunier, se veut une biographie du Tchèque Jean Mus, hérétique et rebelle. En fait, l’auteur va plus loin. Il nous montre l’effacement des idéaux du Moyen-Âge devant les principes qui régiront la Renaissance. Lire la suite

Professeur à la Sorbonne et spécialiste du Moyen-Âge, l’auteur de cette étude s’attache à discerner les germes annonciateurs de l’époque de la « Renaissance », voulant montrer par là qu’il ne faudrait pas considérer celle-ci comme une césure radicale. Selon lui, « le Moyen-Âge français ne mourait pas : il muait en pleine jeunesse ». Le lecteur s’en doutait bien un peu, mais Michel Mollat, par son analyse rigoureuse, étaye ce qui n’était que simple présomption. Lire la suite

Dans un style facile et agréable à lire, Micheline Dupuy retrace la vie aventureuse de ce preux qui fut l’artisan de l’unité française au XIVe siècle. Ce n’est pas un ouvrage d’érudit, ni une étude scientifique historique, ni encore une étude politique, mais tout simplement une biographie précise, bien documentée qui recourt volontiers aux anecdotes pour faciliter la lecture. Lire la suite

Henry Troyat : Henry Troyat : Catherine la Grande ; Éditions Flammarion, 1977 ; 544 pages  ; Éditions Flammarion, 1977 ; 544 pages - André Nolde

La mode chez les éditeurs est aux biographies. Curieusement, cette mode revient en force tous les quarante ou cinquante ans environ et dure une dizaine d’années. Les historiens sachant écrire n’étant pas toujours disponibles en nombre suffisant, il est alors fait appel à d’autres volontaires : romanciers, journalistes, hommes politiques, ou écrivains sans aucune spécialité. Le résultat est en général un produit de grande consommation, qui peut sur le moment paraître excellent, mais qui n’est qu’exceptionnellement de bonne conservation, car il reflète par trop les préoccupations de l’actualité et se plie aux goûts passagers du public. Lire la suite

Professeur de Droit africain (entre autres) à l’Université Libre de Bruxelles, l’auteur a longtemps vécu en Afrique et notamment en Éthiopie. C’est donc le livre d’un spécialiste mais d’une écriture sobre, d’une conception originale et à l’abondante iconographie. Aucun effort n’est exigé du lecteur qui, bien au contraire, aborde d’une manière vivante ce vieux pays, véritable mosaïque de populations. Le texte est clair et il est entrecoupé de portraits, de scènes de la vie courante, d’aperçus politiques dont la disposition typographique à part est réalisée avec bonheur. Lire la suite

Disons tout de suite qu’il s’agit d’un roman policier. Excellent d’ailleurs. Dans le droit fil de la tradition classique léguée par Maurice blanc et Gaston Leroux. Ceci étant entendu, nous avons voulu néanmoins, signaler l’ouvrage à nos lecteurs, parce que l’action se passe à bord d’un sous-marin nucléaire en patrouille – environnement malgré tout assez peu familier à la plupart d’entre nous. Il se trouve que Pierre Lamballe (il s’agit d’un pseudonyme : l’auteur est un ancien officier des Services spéciaux) est, quant à lui, très au courant. Du moins, il arrive très adroitement à en persuader le lecteur. Il décrit avec beaucoup de précision et de vraisemblance l’engin lui-même et, surtout, l’ambiance et la vie à bord. Lorsque le « drame » se produit, l’on est déjà bien acclimaté et tout à fait en mesure de se mettre dans la peau des personnages et de vivre avec chacun d’eux toute une cascade de suspens à rebondissements véritablement « terrifiants ».

Revue Défense Nationale - Avril 1978 - n° 376

Revue Défense Nationale - Avril 1978 - n° 376

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

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08-08-2019

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Lancement de la cellule en charge de l’intelligence artificielle de défense – A new structure for French AI in Defence

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Un avion de la Patrouille de France s’écrase, le pilote blessé – 
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Le sous-marin Minerve retrouvé plus de 50 ans après sa disparition - Submarine Minerve has been found

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