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Dans son message pour la Journée mondiale de la paix (1er janvier 2002) intitulé « Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon », le pape Jean-Paul II évoque, dès la première phrase, « les événements dramatiques du 11 septembre » et le terrorisme. Il nous a paru opportun de publier des extraits de ce texte, où le souverain pontife condamne fortement le terrorisme « véritable crime contre l'humanité », contre lequel on a le droit de se défendre, en respectant des règles. On ne tue pas au nom de Dieu. Lire la suite

 

La polarisation dramatique entre le monde islamique et les États-Unis au lendemain de l'attaque du 11 septembre constitue désormais un axe de la scène internationale. La thèse des États-Unis qui réduit l'attaque au seul phénomène du terrorisme et qui fait croire que l'Amérique est visée pour sa liberté, sa démocratie et sa civilisation n'est pas satisfaisante. Les rapports des États-Unis avec le monde islamique sont minés par une crise interne de la classe politique américaine centrée sur la question palestinienne et qui la met en contradiction avec sa propre culture et avec le consensus mondial.

 

Après avoir condamné les attentats du 11 septembre, l'auteur constate l'échec du concept de sécurité résultant de la guerre froide et qui repose sur la course aux armements. C'est donc un nouveau concept de sécurité qu'il faut mettre en place. La pauvreté étant le terreau du terrorisme, il faut bien commencer par lutter contre les déséquilibres que génère la mondialisation et réduire les inégalités : seule une mondialisation basée sur l'équité, la raison et la solidarité est durable. Il convient également d'instaurer le dialogue des cultures, ce qui suppose de bannir l'arrogance du monde civilisé. La communauté internationale a besoin de démocratie ; où grands et petits, puissants ou faibles, riches ou pauvres sont égaux en droit ; où l'on entend les aspirations, les plaintes et les cris du monde en développement. Alors peut-être pourrons-nous bâtir un monde stable, pacifique, démocratique et prospère pour le bonheur de l'humanité.

 

Les attentats du 11 septembre sur le territoire même des États-Unis appellent deux questions : pourquoi et que faire ? La présente synthèse ne prétend évidemment pas répondre à ces deux vastes interrogations. Elle a pour simple ambition de rassembler, de manière synthétique, certains éléments d'analyse, susceptibles de clarifier la réflexion globale autour des interrogations majeures provoquées par les attentats du 11 septembre.

 

Les attentats hyper-médiatisés du 11 septembre incitent à certaines réflexions sur les protagonistes, sur les principales causes de ce drame et sur ses effets les plus notables. Après avoir constitué une alliance regroupant les États les plus riches de la planète et divers pays arabes et musulmans, les États-Unis, avec l'accord des Nations unies, ont déclaré la guerre au terrorisme. Celle-ci est menée, non pas contre un État, mais contre des réseaux diffus et mal connus disséminés de par le monde, et surtout contre leur chef, Oussama Ben Laden, supposé être en Afghanistan, où sont menées des opérations militaires contre les taliban qui ont refusé de le livrer. Un islamisme pur et dur, le non règlement du conflit opposant depuis des années les Israéliens au monde arabe, la poursuite des bombardements anglo-américains en Irak, ainsi que bien d'autres ressentiments à l'encontre de l'État le plus puissant du monde, sont autant de raisons qui paraissent avoir motivé cette agression sans précédent. Les effets de ces attentats sont des plus variés. Sont notamment à mentionner l'extraordinaire réaction du peuple américain derrière son président, et le sentiment général que cet événement ouvre une ère nouvelle, qui se caractérise par une peur de nouveaux attentats et par le retour de difficultés économiques. Dans ce climat, il reste à espérer que nos responsables politiques prendront sans retard et avec détermination toutes les mesures nécessaires pour renforcer l'Union européenne.

 

L'Ordonnance de 1959, devenue obsolète, n'a pas retenu le concept de défense intérieure dont la nécessité apparaît chaque jour davantage. Avec la suspension du service national, les armées professionnalisées ont été orientées en priorité vers la projection extérieure, au détriment de la protection du territoire et des citoyens. Celle-ci est mise en cause chaque jour non seulement par une délinquance de plus en plus nombreuse et violente, mais aussi par un nombre croissant de groupes ethniques ou religieux « résolus à rester étrangers à notre type d'humanité individuelle et sociale... » qui défient ouvertement le pouvoir démocratique. La cohésion nationale, la sécurité du territoire, des biens et des personnes sont aujourd'hui mises en péril par ce qui est devenu une menace. Les moyens de la défense civile sont largement insuffisants ; ceux de la défense militaire également, le nouveau système des réserves n'étant opérationnel qu'en 2008 et la chaîne de mobilisation ayant été en grande partie dissoute. Il faut donc mettre en place une nouvelle organisation de défense intérieure prévoyant, en particulier, une « garde nationale » faisant appel à une nouvelle forme de conscription et subordonnée au Premier ministre. Il y a extrême urgence.

 

La gestion des tensions et rapports de forces dans le monde multipolarisé qui émerge par à-coups de la guerre froide reste hésitante, tant la notion d'action militaire s'est déplacée du champ bien cultivé de la guerre des peuples, des frontières et des richesses à défendre vers la friche de la sécurité coopérative ou coercitive. L'attaque terroriste du 11 septembre a montré l'ampleur du décalage. Les modes stratégiques d'hier (menaces, affrontements, surclassement, occupations, appropriations...) vont devoir céder la place à des combinaisons nouvelles (influences, médiations, tutelles, intimidations, punitions...) qui restent à valider.

 

Les armées ont réussi leur professionnalisation. Vu de l'intérieur, ce constat satisfaisant masque une crise profonde, révélée récemment à l'opinion publique par les manifestations des gendarmes. La Gendarmerie n'a que très peu de missions d'ordre militaire (moins de 3 % de ses activités), mais ses difficultés s'apparentent souvent étroitement à celles des trois armées. L'évolution de la société française constitue une première cause de la crise, qui met en jeu l'adaptation du modèle militaire traditionnel et de son fondement : la disponibilité. La mesure imparfaite de l'état réel des armées nourrit également la crise. Les faits sont difficiles à dégager, des orientations et des directives exactes difficiles à ordonner. La crise est aussi psychologique. Les armées sont à la recherche d'un soutien plus manifeste des pouvoirs publics et de l'opinion. Les graves difficultés que traverse actuellement l'État en France trouvent une grande résonance dans les armées. La crise des armées est profonde, mais ses caractéristiques principales, qui sont morales et psychologiques, laissent espérer un redressement durable.

 

Qu'il s'agisse de l'Union politique ou de l'Union économique et monétaire, la coopération entre l'UE et les États doit obtenir des résultats. C'est pourquoi la prochaine étape d'approfondissement de l'intégration européenne devra créer les conditions d'une meilleure efficacité globale des processus mis en jeu dans les domaines de la politique étrangère, de la sécurité et de la défense. Elle devra également débattre du choix des institutions qui seront investies d'un pouvoir d'initiative, de décision ou de contrôle à l'égard des politiques de souveraineté et d'influence que l'Union veut mettre en oeuvre, et réexaminer les règles et les paramètres du jeu « inter institutionnel » qui s'y rapporte. Lire la suite

 

Au XXIe siècle, la société devra relever de nouveaux défis : prolifération d'armes de destruction massive, terrorisme international, blanchiment d'argent et du narcotrafic. De même, le stress écologique auquel nous devrons faire face atteindra une nouvelle dimension. Selon les prévisions des Nations unies, d'ici à 2025, la demande d'eau continuera à croître rapidement à l'échelle mondiale. L'eau devient un moyen de contrôle politique et économique ainsi qu'un outil privilégié de consolidation du pouvoir. Il existe de par le monde plus de 200 systèmes de gestion hydraulique transfrontaliers et internationaux ou les riverains entendent nationaliser les profits qu'ils en tirent tout en internationalisant les charges. Appliqué selon les principes d'une procédure de médiation institutionnalisée, le concept dit de « gestion hydraulique transfrontalière » apporte une réponse ciblée et consensuelle par une « instance de coopération hydraulique ». À l'avenir, ce n'est que par le biais de concepts communs que les nations européennes pourront récolter les fruits politiques et économiques de la coopération.

 

Pour de nombreux commentateurs les attentats du 11 septembre marquent véritablement la fin de la guerre froide. Il est vrai que Vladimir Poutine s'est très rapidement rangé du côté de la coalition globale contre le terrorisme, mise sur pied par Washington marquant ainsi sa volonté que la Russie intègre d'une façon ou d'une autre, la grande famille euro-atlantique. Il s'agit là, sans nul doute, d'un événement géopolitique de portée majeure qui repose une nouvelle fois la question du destin de la Russie. La situation actuelle pose aussi crûment, au-delà du problème tchétchène, la question des rapports avec l'islam, religion plus ancienne en terre russe que le christianisme et qui regroupe autour de 9 à 12 % de la population du pays. Voilà donc le problème russe une nouvelle fois posé, dans une vaste perspective et dans la longue durée. Dans cette optique, 1917 et 1991 apparaissent plus comme des crêtes que des murailles séparant différentes périodes historiques de manière étanche. La Russie d'aujourd'hui, qui cherche à regrouper ses forces, instaurer le règne de la loi, améliorer ses relations avec son étranger proche, celui de la CEI, présente un exemple intéressant de pays où retour au passé et quête de l'avenir sont intimement liés, où religion et politique font bon ménage.

 

Le Japon occupe une place majeure sur l'échiquier géostratégique de la zone Asie-Pacifique marquée par la suprématie américaine. C'est aussi un géant économique qui traverse une phase délicate de mutations après l'onde de choc de la crise asiatique. Malgré cette secousse, le pays du Soleil-Levant dispose encore de nombreux atouts, en particulier ceux inhérents au dynamisme de sa société. Toutefois, l'archipel est rempli de contradictions dans les domaines politique et social, militaire et stratégique. Ce sont ces ambivalences qui caractérisent la « différence nippone ».

 

L'égalité, comme l'écrivait Tocqueville, est la grande passion des sociétés démocratiques, au cœur du système international contemporain, dont la rhétorique et les principes se revendiquent comme démocratiques. Or la réalité internationale est structurellement inégalitaire, la promesse d'égalité exaspérant les frustrations entre grands et petits États, entre Occident et Sud. Ainsi, chez la plupart des États du Tiers-Monde, le droit d'ingérence, qui, pour le moment, ne s'exerce que chez eux, est-il dénoncé comme une forme de néo-colonialisme... D'où des bricolages compliqués pour masquer l'inégalité, mais y a-t-il un instrument susceptible de dépasser cette tension entre égalité et inégalités ? Probablement le développement économique, sans être en aucune manière un remède miracle, peut-il maîtriser ou au moins atténuer les aigreurs de la mondialisation en traçant la perspective d'un futur meilleur − donc moins inégal − pour tous.

 

Chroniques

 
 
 

Allocution du Ministre de la défense à l'issue de la réunion de concertation avec les représentants de la Gendarmerie à Paris, le 8 décembre. Lire la suite

 
 
 
 
 
 

Bibliographie

 
 

Daniel TRASTOUR : Daniel Trastour : La guerre sans armes ; Éditions des Écrivains, 2001 ; 112 pages ; Éditions des Écrivains, 2001 ; 112 pages. - Michel Klen

 

Jean-Paul COINTET : Jean-Paul Cointet : Paris 40-44 ; Perrin, 2001 ; 335 pages ; Perrin 2001, 335 pages. - Pierre Morisot

 
 
 
 

Revue Défense Nationale - Janvier 2002 - n° 638

Revue Défense Nationale - Janvier 2002 - n° 638

Dans son message pour la Journée mondiale de la paix (1er janvier 2002) intitulé « Il n'y a pas de paix sans justice, il n'y a pas de justice sans pardon », le pape Jean-Paul II évoque, dès la première phrase, « les événements dramatiques du 11 septembre » et le terrorisme. Il nous a paru opportun de publier des extraits de ce texte, où le souverain pontife condamne fortement le terrorisme « véritable crime contre l'humanité », contre lequel on a le droit de se défendre, en respectant des règles. On ne tue pas au nom de Dieu.

Jean-Paul II

Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

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