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Discours de M. Jacques Chirac, président de la République, lors de l’ouverture de la XIIIe conférence des ambassadeurs, Palais de l’Élysée, lundi 29 août 2005 (www.elysee.fr ).

L'Europe en mouvement

La période de doute que traverse aujourd’hui la construction européenne doit inciter ses partisans à retrouver l’inspiration des origines. La démarche unitaire que propose Robert Schuman à ses partenaires, le 9 mai 1950, a bien pour objectif ultime une union politique entre États européens ; mais pour le ministre des Affaires étrangères, cette Europe ne pourrait être qu’une Europe du concret, fondée sur des réalisations pratiques à partir d’une démarche visionnaire mais pragmatique. Les mécanismes de coopération transnationale à mettre en place devront être jugés, non pas sur leur conformité à un idéal théorique mais sur leur efficacité pratique.

Face aux incertitudes politiques actuelles, les citoyens se demandent quelle est la valeur ajoutée européenne. Les grands programmes industriels pourraient permettre la relance du projet européen, en menant à terme les ambitions technologiques que les États ne sont plus capables de réaliser. Galileo, le système européen de radionavigation par satellite est un succès de l’Union européenne, dont les leçons devraient servir à porter des projets comme Sésame, pour le trafic aérien, ou l’ERTMS, pour l’interopérabilité ferroviaire. Les réseaux transeuropéens sont un autre facteur de la compétitivité européenne et de la création d’emploi. Encore faut-il s’en donner les moyens en faisant preuve d’imagination.

Alors que la question de l’utilité du lobbying revient régulièrement au coeur de l’actualité, et encore tout récemment au moment de la défaite de Paris à la candidature pour les JO de 2012, Jean-Christophe Adler décrit ce métier, ses implications et sa généralisation dans le paysage décisionnel français, à l’aune du modèle européen. En sept questions-réponses, il montre que le lobbying pratiqué dans la transparence est un gage d’efficacité économique et de cohésion sociale. Loin de diviser, le lobbying tend en effet à rassembler autour de compromis politiques durables.

Extraits des débats organisés à l’Assemblée nationale le 12 juillet 2005 par le Cercle Stratégia qui recevait M. Alain Lamassoure sous la présidence de Mme Valérie Pecresse.

Devant l’impossibilité de construire une Europe politique à vingt-cinq et face à la politique étrangère des États-Unis, l’heure de vérité sonne pour l’Europe. Deux alternatives s’offrent à elle : l’Europe-Puissance passant par un noyau dur « carolingien » ou l’Europe-Marché, zone de libre-échange sous protectorat stratégique d’un tiers. Pour l’Europe-Puissance, la relance par un noyau dur et la coopération entre l’Union européenne et la Russie vont de pair et doivent converger vers la maîtrise des technologies de souveraineté.

Malgré le coup d’arrêt donné en mai dernier à la consolidation des institutions de l’UE, la question de la poursuite de l’engagement français en faveur de la PESD est plus que jamais d’actualité. L’expérience européenne de l’opération Artémis en RDC durant l’été 2003, mais aussi la tournure prise par les crises plus récentes en Côte d’Ivoire et au Soudan, soulignent l’importance pour la France de clarifier sa politique africaine en tirant toujours davantage partie des opportunités qu’offre la PESD.

L’espace, qui doit ses débuts et son essor spectaculaire à la lutte de prestige russo-américaine, n’a pas seulement fourni des outils irremplaçables aux scientifiques pour la connaissance du monde ; ses retombées ont bouleversé l’économie et le mode de vie de ces cinquante dernières années. Après une période de consolidation, la lutte de prestige qui s’engage entre les États-Unis et la Chine pour la colonisation de la Lune, va avoir des conséquences d’une ampleur bien supérieure ; l’Europe et la France ne peuvent pas se permettre d’être absentes.

Depuis 1995 et le lancement d’Helios I A, la France et ses partenaires européens ont fait le pari que face aux diverses menaces, les satellites d’observation étaient des outils stratégiques efficaces. Ce pari est gagné et, avec la mise en orbite réussie du satellite de nouvelle génération Helios II A, une étape supplémentaire est franchie en fournissant à tous les pays coopérants un outil de souveraineté encore plus performant. Ce succès est l’oeuvre aboutie d’une coopération exemplaire entre pays européens.

Cet article présente un aperçu des principales questions que soulève l’affichage récurrent d’une volonté commune de construire les bases d’une autonomie de décision et d’intervention de l’UE sur le registre stratégique. Il propose également une analyse des enjeux attachés à l’établissement d’un concept stratégique propre à l’UE, condition nécessaire de son autonomie.

PESD : veille stratégique

La gestion de crise est un des moyens d’expression de l’Europe sur la scène mondiale. L’action militaire lui permet d’intervenir en complément des autres moyens qu’elle déploie habituellement au profit des pays du théâtre. Elle lui offre la possibilité de jouer un rôle dans la définition et la conservation des équilibres internationaux. Elle lui fournit, enfin, un des moyens de s’imposer face aux autres acteurs et dans la communauté internationale.

Les opérations de l’Union européenne prenant de l’ampleur, la question de leur financement devient essentielle. Quel rôle les États doivent-ils tenir dans le mécanisme à mettre en place ? Quels types de frais peut-on demander à l’Europe de couvrir ? Est-il envisageable de financer de la même façon les opérations pilotées par la Commission et celles qui sont déclenchées par le Conseil ? Ce domaine ne suscite pas un intérêt suffisant dans la communauté scientifique française. Remercions donc un stagiaire du Collège interarmées de défense (CID) d’avoir tenté une vue perspective du dossier.

De janvier à juin 2005, le Conseil affaires générales et relations extérieures (Cagre) a maintenu la ligne en faveur du développement de la Politique européenne de sécurité et de défense... Il a entériné une bonne partie des réflexions qui lui ont été proposées par les organes de la PESD, notamment les conclusions adoptées à l’issue de sa session des 23 et 24 mai 2005.

À la fin de l’année 2004, la Commission européenne a déployé de nombreux efforts pour venir en aide aux victimes du tsunami en Asie du Sud. Cette opération a permis de confirmer l’efficacité du Mécanisme communautaire de protection civile. Toutefois, cet article décrit, par prétérition, l’insuffisante coordination sur le terrain des moyens que la Commission et les États ont envoyé pour soulager la misère des victimes de cette catastrophe naturelle. Beaucoup reste donc encore à faire pour obtenir une meilleure interaction de tous les moyens auxquels l’Europe peut avoir recours. Le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, avance quelques pistes concrètes.

D’octobre à décembre 2004, une crise politique de première importance éclata en Ukraine. Dès le début, des événements graves ont été redoutés ; la stabilité de ce grand pays, voire de la région, pouvait être affectée. L’Union européenne ne pouvait pas rester insensible à ces affrontements qui se déroulaient à sa porte. La gestion de la crise devait mettre à l’épreuve sa conception tant d’une politique de bon voisinage que ses relations avec la Russie. Cette gestion de crise est aussi un exemple de la manière dont l’Union européenne peut s’appuyer sur ses membres les plus concernés pour se mouvoir aisément dans un écheveau d’intérêts.

La « Révolution orange » a révélé au monde occidental que l’Ukraine existait et occupait une place géostratégique primordiale en Europe. Or cette révolution pacifique n’a pas été spontanée. Elle a été planifiée, organisée et financée pour affaiblir la Russie. Cette politique d’endiguement mise en œuvre par les États-Unis risque d’être dangereuse à terme car l’isolement de la Russie pourrait avoir des conséquences imprévisibles.

Repères - Opinions - Débats

Quelles que puissent être les appréciations sur le bilan du Processus de Barcelone, il semble évident, compte tenu de la complexité de l’exercice et des enjeux en cause, qu’il est nécessaire de poursuivre la démarche entreprise. En effet, la voie empruntée vers un réel partenariat, dans la co-responsabilité, conserve toute ses qualités et sa pertinence. Il convient donc de rechercher les moyens de relancer le Processus et de renforcer ses chances de succès. Cette ambition suppose sans doute de lever quelques ambiguïtés et de lui attribuer les moyens de son autonomie.

Les Islamistes, qui sont la version locale du fascisme, ne veulent pas défaire l’Occident ou le rendre musulman. Par les actes de terrorisme, ils cherchent une position de force pour obliger l’Occident à se désintéresser du monde arabo-musulman, dont ils espèrent prendre le contrôle absolu. Ce conflit asymétrique remet en cause des liens sociaux, économiques et humains, dont le Processus de Barcelone pressent la force, mais sans parvenir à leur donner une traduction institutionnelle.

Deux ans et demi après le début du conflit irakien, l’opinion américaine commence à se désolidariser de ses dirigeants. 2006 et les élections de mi-mandat vont sonner un retrait militaire sur fond d’échec. Les illusions du « Grand Moyen-Orient » auront vécu. Ce, alors que de la prolifération nucléaire aux difficultés de l’unilatéralisme, les néo-conservateurs commencent à percevoir les limites de l’imperium américain.

En moins d’une semaine, Israël évacuait la totalité des 21 colonies installées depuis 38 ans dans la bande de Gaza occupée lors de la guerre des Six jours en 1967, ainsi que 4 colonies isolées au Nord de la Cisjordanie. Achevée le 23 août 2005, cette opération, montée et mise en oeuvre unilatéralement par l’État hébreu, représente un pas en avant accueilli avec satisfaction générale par la communauté internationale. Toutefois, force est de constater que le chemin de la paix demeure long et plein d’embûches.

Maigres résultats au Sommet du 60e anniversaire des Nations unies qui ne sera pas celui de la réforme que certains appelaient de leurs voeux : pas d’élargissement du Conseil de sécurité, ni de réels changements de pouvoirs ; plutôt que de droit d’ingérence on évoque le devoir de protéger.

Bibliographie

Joachim Bitterlich : France-Allemagne : mission impossible ? Comment relancer la construction européenne  ; Albin Michel et la Fondation Robert Schuman, 2005 ; 262 pages - Jean Klein

Paru peu avant le référendum du 29 mai sur le « traité établissant une constitution pour l’Europe » ce livre d’un Européen convaincu mais lucide n’a rien perdu de son « actualité » après la crise provoquée par les votes négatifs de la France et de la Hollande. L’auteur connaît bien le dossier européen pour avoir été pendant plus de dix ans le conseiller diplomatique du chancelier Kohl, et ses affinités avec notre pays l’inclinent à voir dans la coopération franco-allemande un facteur déterminant pour le succès de l’entreprise lancée en 1950 par Robert Schuman et Jean Monnet, acceptée sous bénéfice d’inventaire et consolidée sous la présidence du général de Gaulle et développée par ses successeurs jus qu’à la création en 1993 d’une Union européenne (UE) qui veut affirmer son identité en matière de sécurité et de défense et devenir l’un des espaces les plus compétitifs de l’économie mondiale. Lire la suite

p. 203-204

Philippe Richardot : Les grands Empires  ; Ellipses, 2003 ; 464 pages - Pierre Morisot

Le style du récit, l’ampleur du sujet, la préoccupation pédagogique font penser ici à Pirenne, loin des épisodes pittoresques qui font le succès des publications jouant sur le fait que la réalité, souvent, dépassa la fiction. Un avant-propos ultracourt mais éclairant précise d’emblée : « Les grands Empires sont ceux qui durent ». On parlera donc en siècles ; Alexandre, Tamerlan, Napoléon ou Hitler n’ont pas leur place, tandis que l’auteur a choisi six exemples, sans se prononcer toutefois sur l’exhaustivité de ce choix. Chaque étude, de volume comparable, comporte en tête une chronologie détaillée et est accompagnée d’un tableau dynastique (la durée), d’un glossaire et d’une abondante bibliographie. La sixième et dernière, particulière voire surprenante, traite de l’ensemble des Empires coloniaux où la Grande-Bretagne et la France, après les Ibériens et avant l’apparition tardive de quelques autres amateurs, tinrent longtemps en rivaux le haut du pavé. Lire la suite

p. 204-205

Martine Gozlan : Le désir d'Islam  ; Grasset, 2005 ; 135 pages - Claude Le Borgne

Le désir d’islam (1) dont va nous parler, en un petit livre délicieux, Martine Gozlan, c’est celui qui saisit aux tripes, depuis que l’orientalisme existe et jus qu’à maintenant, nombre d’Occidentaux. L’auteur, qui a déjà publié trois livres sur l’islam, parle d’expérience. Qui sont les séduits ? Des orientalistes, tels Louis Massignon ou Vincent Monteil ; des écrivains, philosophes ou poètes, Goethe au premier rang mais aussi Gérard de Nerval, Flaubert, Rimbaud, Gide ; des artistes, Delacroix, Fromentin, Dinet ; des chrétiens retournés, Isabelle Eberhardt, René Guénon, Roger Garaudy ; des explorateurs, Richard Burton succombant, comme Lawrence après lui, aux charmes du déguisement. Lire la suite

p. 205-206

Revue Défense Nationale - Octobre 2005 - n° 679

Revue Défense Nationale - Octobre 2005 - n° 679

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

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20-09-2019