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Théâtre asiatique

Les rivalités de puissance se développent en Asie, malgré la multiplication des structures régionales de dialogue. Elles se traduisent par un développement sensible des capacités militaires (Chine, Japon, Inde) et par une intense activité diplomatique, sous le regard vigilant des États-Unis qui jouent leur propre jeu.

 

Au-delà du poids des enjeux énergétiques que l’émergence économique de la Chine tend à mettre au premier plan, le contexte stratégique extrême-oriental est actuellement marqué par la réorganisation de l’alliance de sécurité établie depuis plus de cinquante ans entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Cette dernière, qui n’entend pas sacrifier ses relations avec la Chine et la Corée du Nord aux intérêts stratégiques américains, y voit l’occasion de développer une nouvelle diplomatie. Son « grand dessein » est de se donner un rôle d’État-arbitre, susceptible d’équilibrer les ambitions de ses voisins au leadership régional et de s’imposer comme un partenaire à part entière dans la résolution des crises asiatiques, dont celle née autour des activités nucléaires illicites de la Corée du Nord.

 

Avec plus d’un milliard d’hommes, l’Inde, qui ne peut plus être ignorée du monde, tourne son regard vers le large. Certes son auréole et sa puissance d’aujourd’hui paraissent faibles si l’on se réfère à la Chine voisine ; mais, elle aussi s’éveille, son potentiel s’affirme et son rôle s’accroît dans les affaires politiques, économiques et même militaires de ce monde qui change. L’Inde contribuera à ce changement.

 

Compte-rendu de la conférence organisée par le Comité d’étude de défense nationale le 1er juillet 2005. Alors que le Japon ambitionne d’être membre permanent du Conseil de sécurité, Tokyo devait accorder sa politique de défense à cet objectif politique. L’alliance du Japon avec les États-Unis sur le fondement d’un partenariat plus équilibré, et le refus d’une dissuasion nucléaire participent des constantes. En revanche, la révision du format des forces d’autodéfense, et l’acquisition des moyens leur permettant d’assumer de nouvelles missions à l’étranger tendent à camper le Japon dans un nouveau rôle.

 

Attaché à bâtir sa puissance économique et financière, le Japon a donné l’impression de se penser stratégiquement par le prisme des États-Unis. Sa vision stratégique et le modèle qui en découle s’en sont trouvés conditionnés, et l’outil militaire, bien qu’important sur le papier, était jusqu’à il y a peu strictement consacré à la défense de l’archipel. Aujourd’hui, la crise identitaire provoquée par la fin du cycle de croissance et la remise en question du modèle de société ont amené les dirigeants japonais à repenser leur modèle stratégique. La révision constitutionnelle proposée par le Parti libéral-démocrate vise à répondre aux défis qui se posent au Japon dans les années à venir ; elle amoindrit le pacifisme constitutionnalisé qui était sa marque dans le domaine de la défense, ce qui ne va pas sans soulever l’inquiétude des pays de la zone.

 

La Chine, qui continue à susciter l’attention et l’intérêt de la communauté internationale, fera face aux éléments favorables et défavorables, dans les vingt ans à venir sur son chemin de l’édification du pays. Elle aura trois objectifs fondamentaux à réaliser, c’est-à-dire, le développement sain de son économie nationale, la réunification pacifique de la patrie et le maintien de la paix dans le monde. Pour atteindre ses buts stratégiques, dans le domaine intérieur, la Chine accélérera le développement de son économie nationale dans un environnement intérieur stable et harmonieux, et promouvra inlassablement la réunification de la patrie par les moyens pacifiques et de négociations. Dans le domaine extérieur, la Chine espère, avec un ardent désir, développer ses relations de bonne entente avec tous les pays du monde, afin de créer et perpétuer la paix et la stabilité internationale. Parmi ses priorités de politique étrangère, la Chine placera au premier plan ses relations avec les États-Unis tout en renforçant celles avec les pays d’Asie et avec d’autres pays du monde. C’est en résolvant parfaitement tous les défis affrontés devant elle, que la Chine pourra saisir les opportunités de cette période de vingt ans pour se développer encore davantage et se fortifier largement en vue d’apporter d’encore plus grandes contributions à toute l’humanité.

 

La priorité chinoise est le développement économique tout en maintenant la cohésion sociale ; laquelle est soumise à l’épreuve des inégalités croissantes et des réformes de plus en plus contraignantes. La légitimité du régime repose sur sa capacité à contrôler les gouvernements régionaux et à gérer ses relations avec les États-Unis et ses voisins asiatiques, inquiets de cette montée en puissance politique, économique et militaire.

 

La vulnérabilité énergétique de la Chine est devenue l’une des préoccupations principales des dirigeants de ce pays qui tente de diversifier ses sources d’approvisionnement en hydrocarbures, en investissant en Afrique, en Asie centrale, ainsi qu’en Amérique latine. Toutefois, cette présence économique et politique de Pékin sur le continent latino-américain, jugée comme une véritable intrusion, suscite une vive inquiétude aux États-Unis.

 

La politique chinoise des États-Unis offre le spectacle d’une ambivalence, qui oscille entre le désir d’affirmer un partenariat stratégique et la tentation de faire de la Chine l’ennemi suprême pour les prochaines décennies. Ces hésitations, qui mettent en avant le décalage entre une vision teintée d’idéologie et les réalités de la relation avec la puissance émergente, tant dans les domaines économiques que militaires, peuvent être qualifiées d’« endigagement », traduisant cette politique faite de méfiance et de pragmatisme, et expliquant les stratégies parfois contradictoires de Washington.

 

La Chine s’ouvre aujourd’hui de nouveau aux activités maritimes et y conquiert très rapidement une place mondialement prépondérante. M. Pierre Trollier, professeur à l’Inalco donnait en avril 2005 une conférence à l’Académie de marine sur ce sujet. La brève synthèse que voici est impressionnante : flotte de commerce au 10e rang mondial ; Shanghai, premier port mondial ; la Chine, première mondiale en pêche et en mariculture.

 

La Marine chinoise poursuit sa montée en puissance même si elle n’est encore qu’au stade de marine régionale, préparant de futurs points d’appuis au Pakistan, aux Maldives et au Myanmar ; et s’intéressant aux porte-avions. La Marine indienne maintient son rang de marine mondiale : elle vient de signer le contrat de six sous-marins Scorpène, et incorporera le porte-avions Vikramaditya (ex-PA russe Gorshkov) et met en chantier le porte-avions Vikrant (construction nationale).

 

Repères - Opinions - Débats

Le marché des sous-marins à l’international devrait se développer considérablement pour les années à venir, compte tenu d’une part du renouvellement des flottes de sous-marins en service, et d’autre part de la volonté politique de pays émergents de disposer d’une composante sous-marine pour leur force navale. Avec dix unités vendues aujourd’hui, le Scorpène, proposé par Armaris, conçu par DCN, et développé en coopération avec l’industriel espagnol Navantia, est le sous-marin de référence sur le marché international.

 

Annoncé le 15 décembre 2005, le rapprochement des activités navales françaises de Thales avec DCN est présenté par M. Denis Ranque, président-directeur général de Thales.

 

Annoncé le 15 décembre 2005, le rapprochement des activités navales de Thales avec DCN est présenté par M. Jean-Marie Poimboeuf, président-directeur général de DCN.

 

Les difficultés de la guerre en Irak inquiètent les militaires américains et découragent l’opinion. Elles incitent Washington à redécouvrir les vertus du multilatéralisme comme de la prévention des crises et à mettre en sourdine une doctrine « préemptive » décalée au regard des résultats. Tirer le premier reste le fondement de la sécurité des États-Unis, et c’est bien à agir vite et loin que se prépare leur outil de défense.

 

Constatant l’impasse dans laquelle s’est fourvoyée la mondialisation, l’auteur propose de revenir à l’économie de proximité, seule à même de rendre la croissance compatible avec les ressources disponibles de la planète.

 

Présentation et analyse de deux ouvrages qui se rapprochent par leur pessimisme : L’ensauvagement, le retour de la barbarie au XXIe siècle de Thérèse Delpech ; Le grand dérangement de Georges Balandier.

 

Les lois dont on parle le plus ne sont pas celles qu’on connaît le mieux. Vue de France et du siècle qui nous donne l’apparence de l’avantage, 1905, en effet, apparaît comme l’année de la laïcité victorieuse. Sait-on, par exemple, que le mot « laïcité »ne se trouve pas dans la loi de 1905 ? Il y est question de la séparation, de libre exercice des cultes, de liberté de conscience, d’associations cultuelles, de lieux de cultes et même de police des cultes. Et pourtant, nul ne peut contester que cette loi demeure l’acte fondateur et la grande référence de la « laïcité à la française ». Votée le 3 juillet par les députés, le 6 décembre par les sénateurs et promulguée dès le 9 décembre, elle incarne en réalité une conception nouvelle et positive de la laïcité, sans équivalent dans d’autres nations, marquant la fin d’une querelle plutôt que sa relance.

 

Chroniques

 
 

Bibliographie

 
 
 

Revue Défense Nationale - Janvier 2006 - n° 682

Asian Theater

With more than a billion inhabitants India can no longer be ignored, and is looking outwards. It is true that at present its international impact and its power appear relatively feeble when compared with its neighbour China; however, India is stirring, its potential is becoming clearer, and its role is growing in the political, economic end even military spheres of world affairs. The world is changing, and India will contribute to this change.

Beijing has become very concerned about China’s energy dependency. Naturally, Latin America has become a tempting territory. Chinese capital investments in mining, agricultural and oil companies have increased in the last few years in South America. China is now one of the most important clients of Brazil, Argentina and Chile. But for the United States, China is now a threat.

A report on the conference organised by the Comité d’études de défense nationale (Committee for National Defence Studies) held on 1 July 2005. Japan is seeking to become a permanent member of the UN Security Council, and has had to bring its defence policy into line with that political objective. The alliance between Japan and the United States, based on a more equal partnership, and the rejection of nuclear deterrence remain constant themes. On the other hand, the review of the structure of its self-defence forces, and the acquisition of means that allow them to take on new missions overseas, seem to give Japan a new role.

Revue Défense Nationale - Janvier 2006 - n° 682

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

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