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L’année 2014 s’est achevée dans l’incertitude totale. Crises extérieures majeures comme au Levant où l’émergence d’une entité hybride – l’État islamique, s’autoproclamant « califat » – menace non seulement la région, mais a entraîné une guerre Lire la suite

Chères lectrices et chers lecteurs de la Revue Défense Nationale, nous vous souhaitons une bonne année 2015. Lire la suite

Prolifération : mythes et réalité

L’arme nucléaire est issue de la Seconde Guerre mondiale avec une course des scientifiques pour maîtriser l'atome, quitte à s'affranchir des règles de protection du secret, souvent pour des considérations idéolo-giques, permettant ainsi à des pays comme l'URSS, la Chine, mais aussi la France, de rattraper leur retard.

La prolifération nucléaire reste un enjeu majeur même si le débat a évolué depuis la fin de la guerre froide. La question du nucléaire iranien est ainsi centrale et de son issue, dépendront les évolutions futures, sachant que les enjeux s'appuient aussi sur des rapports de forces internes propres aux pays proliférants.

Les concepts de terroriste et d'arme de destruction massive sont inconciliables. En effet, le terroriste, considéré ici comme agent totalement indépendant de l'État, est incapable d'acquérir ces armes dont seuls les plus puissants États possèdent l'apanage, même si certaines organisations terroristes le proclament.

Le projet de défense antimissile balistique de l'Oran progresse, malgré la complexité technique des défis à relever, notamment dans l'organisation du commandement, avec le besoin d'avoir une approche commune entre tous les partenaires sur les objectifs de la DAMB.

Le risque chimique est une réalité qui a amené le SSA (Service de santé des armées) à développer des compétences et des techniques de pointe pour répondre en cas d'engagement, en particulier sur le territoire national, en s'appuyant sur une coopération étroite avec les autres acteurs de la sécurité et de la santé.

L’Asie est vraiment concernée par les questions de prolifération NRBC (Nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique) avec des attitudes distinctes de certains pays, pour les uns très rigoureux dans le contrôle de leurs capacités et pour d'autres, à la recherche d'opportunités au risque de déstabiliser une région déjà sensible.

La possession de l'arme nucléaire doit s'accompagner d'une doctrine crédible. Certains États proliférants comme le Pakistan ou la Corée du Nord ont d'abord développé la bombe par riposte, quitte à prendre un vrai risque par manque de réflexion stratégique.

Les missiles balistiques sont issus des V2 allemands et constituent aujourd'hui un vecteur essentiel dans le cadre de la menace NRBC-E. En progrès constants et aux performances sans cesse améliorées, ils sont un élément indispensable pour toute stratégie de puissance.

La Corée du Nord a été, et reste, un acteur-dé dans la prolifération, n'hésitant pas à livrer des missiles à des organisations non étatiques, en particulier au Proche-Orient. Le régime de Pyongyang a cherché par ces exportations illicites à récupérer des devises pour son économie exsangue.

La propulsion hypersonique constitue une avancée décisive comme outil de la surprise stratégique. À l'instar des États-Unis, leader incontesté, la France pourrait développer une capacité de dimension straté-gique utilisable face aux menaces proliférantes.

Contrepoint

Les forces clandestines sont un outil unique et indispensable pour la préservation de la souveraineté nationale. Il peut y avoir des interactions possibles avec les forces spéciales mais leurs champs d'action resteront par nature distincts. Fusionner ces deux types de forces serait une erreur grave.

Le renseignement passe par la compréhension de données complexes traitées par un spécialiste : l'officier de renseignement. Cela signifie la prise en compte de la propre dimension psychologique de celui-ci et en faire abstraction risque de mal exploiter le renseignement.

Repères - Opinions

Si l'Armée populaire de libération (APL) témoigne d'une détermination à se moderniser et à peser de plus en plus sur l'échiquier international, nombre de cercles d'experts restent circonspects quant à ses réelles capacités à atteindre ses objectifs à court et moyen termes. Quoi qu'il en soit, le dynamisme de sa stratégie navale est incontestable et témoigne du pragmatisme géopolitique de Pékin. À tel point que l'Asie du Sud-Est va devenir une zone de frictions interétatiques croissantes.

La Russie, après la chute de l'URSS, a eu des difficultés à trouver sa place dans le concert des nations ; de plus, la marginalisation conduite par les États-Unis et relayée par l'Oran a contribué au durcissement actuel de Moscou, alors que l'Union européenne aurait tout à gagner en reprenant le dialogue.

La lutte contre le djihadisme est complexe et multiforme. Elle doit cependant s'appuyer sur une politique de prévention reposant sur un cadre juridique légitime et une meilleure compréhension des processus de radicalisation des terroristes potentiels.

La question d'une politique européenne de défense rencontre des obstacles rien qu'en constatant les différences de culture administrative et politique entre Berlin et Paris. Il importe d'avoir une meilleure compréhension mutuelle pour pouvoir alors résoudre les difficultés actuelles.

Chroniques

Recensions

Jacques Villain : Le livre noir du nucléaire militaire  ; Fayard, 2014 ; 400 pages - Jérôme Pellistrandi

Jacques Villain, membre de l’Académie de l’Air et de l’Espace, est depuis de nombreuses années un expert reconnu de la conquête spatiale et des questions nucléaires, les deux étant très liées. Ses livres font autorité. Il en est ainsi de cet ouvrage consacré à la face cachée du nucléaire militaire, avec ses accidents et ses catastrophes longtemps occultés. Malgré une certaine opacité et des restrictions sur l’information, l’auteur a réussi à obtenir de nombreux détails, grâce à un travail méticuleux, sur tous les échecs et drames qui ont marqué l’histoire de la dissuasion depuis 1940. Lire la suite

p. 127-128

Renéo Lukic : La désintégration de la Yougoslavie et l’émergence de sept États successeurs  ; Presses de l’Université Laval, 2013 ; 692 pages - Pierre Morisot

On ne peut qu’être impressionné par le nombre et la précision des analyses présentées ici par un spécialiste reconnu du dossier yougoslave. Les termes utilisés pour le titre de ce gros ouvrage frappent tout autant. Il est vrai que l’affaire n’est pas simple. Les Balkans restent les Balkans, terre de contraste, de rivalité et de violence. Les minorités s’emboîtent comme des poupées russes au détriment de toute homogénéité. Il y a trop de distance entre un Slovène et un Macédonien et même lorsqu’existe une indéniable proximité culturelle, comme entre Serbes et Monténégrins, les occasions de divergence ne manquent pas. La situation de la Tchécoslovaquie est beaucoup plus simple, même si les Sudètes ont causé naguère quelque souci à Prague. Lire la suite

p. 128-128

Frédéric Pons : Poutine  ; Éditions Calmann-Levy, 2014 ; 374 pages - Jérôme Pellistrandi

La Russie, après une décennie de débâcle à l’issue de l’effondrement du système soviétique, est redevenue une puissance à l’ambition clairement affichée, renforcée par des ressources financières abondantes grâce à l’exportation de matières premières, dont principalement les hydrocarbures. Lire la suite

p. 129-130

Revue Défense Nationale - Janvier 2015 - n° 776

Proliferation: Myths and reality

Nuclear arms originated in World War II with a scientific race to split the atom, abolishing the rules and security protections which surrounded the process (generally for ideological reasons), thus permitting countries such as Russia, China, and even France the opportunity to catch up.

Nuclear proliferation rests a major issue even if the debate has evolved since the end of the Cold War. The question of a nuclear Iran is thus central and, depending on future permutations, rests on knowing that the stakes are also based on the internal relationships of nuclear countries.

The idea of terrorists and weapons of mass destruction is irreconcilable. Actually terrorists, here considered as agents totally independent of the state, are incapable of acquiring these arms which only the most powerful of states have the prerogative to use, even if certain terrorist organizations claim to have done so.

NATO's anti-ballistic missile defense system is progressing despite challenging technical complexities, that must be overcome, notably in the organisation of the command structure, necessitating a common approach among all partners on the objectives of the system.

The risk of chemical warfare is a reality that has brought the French Military Medical Service (SSA) to develop the skills and techniques needed to respond in case of engagement, particularly in national territory, with the close cooperation of other security and health actors.

Asia is very concerned by the question of Weapons of Mass Destruction, with distinct attitudes in certain countries- some for extremely rigorous capacity control, and others for the ability to research new opportunities at the risk of destabilizing an already sensitive region.

The possession of nuclear armaments must be accompanied by a credible doctrine. Certain proliferate states such as Pakistan or North Korea first developed the bomb as a response, at the risk of such a strategy.

Ballistic missiles started with German V2s and constitute today an essential vector in the threat of WMD's. With constant progress and steadily improving performances, they are an indispensable element in all strategies of power.

North Korea was, and remains, a key actor in proliferation, not hesitating to deliver missiles to non-state organisations, particularly in the Middle East. The Pyongyang regime used such illegal exportations to recuperate its battered economy.

Hypersonic propulsion constitutes a decisive advance as a tool for strategic surprise. Following the example of the United States, the incontestable leader, France could develop a strategic capacity to be used in the face of proliferation threats.

Counterpoint

Espionage is a useful and indispensable tool for the preservation of national sovereignty. Interactions with special forces is possible, but their fields of action remain separate by nature. Fusing these two types would be a grave error.

Intelligence must be passed through the complex data filter of a specialist: the intelligence officer. One must take into account the specific psychological aspect of this officer and take care not to disregard the risk of exploiting the intelligence.

Opinions and Viewpoints

If the People's Liberation Army (PLA) demonstrates a determination to modernize and influence the international stage, many circles of experts remain cautious about its capacity to achieve these interests in the short and long term. Be that as it may, their naval strategy is incontestable and displays the geopolitical pragmatism of Beijing- so much so that Southeast Asia will become a zone of increasing inter-state friction.

Russia, after the fall of the Soviet Union, had difficulties finding its place on the international stage; in addition, the marginalisation led by the United States and relayed by NATO has contributed to the current toughening of Moscow, and now is when the European Union has everything to benefit from reopening a dialogue.

The fight against jihadism is complex and multiform. However, it must be based on a policy of prevention which rests on a legitimate legal framework and a better understanding of the process of radicalising potential terrorists.

The question of a European defense policy runs into obstacles just by noting the differences between administrative culture and policy between Berlin and Paris. It is important to have a better mutual understanding in order to resolves the current difficulties.

Book reviews

Jacques Villain : Le livre noir du nucléaire militaire  ; Fayard, 2014 ; 400 pages - Jérôme Pellistrandi

Renéo Lukic : La désintégration de la Yougoslavie et l’émergence de sept États successeurs  ; Presses de l’Université Laval, 2013 ; 692 pages - Pierre Morisot

Frédéric Pons : Poutine  ; Éditions Calmann-Levy, 2014 ; 374 pages - Jérôme Pellistrandi

Revue Défense Nationale - Janvier 2015 - n° 776

L’année 2014 s’est achevée dans l’incertitude totale. Crises extérieures majeures comme au Levant où l’émergence d’une entité hybride – l’État islamique, s’autoproclamant « califat » – menace non seulement la région, mais a entraîné une guerre

de religion abominable au sein du monde musulman, en Ukraine où le canon a succédé aux manifestations du printemps avec une Russie au discours agressif, en Afrique subsaharienne où les forces françaises continuent de lutter contre les groupes terroristes islamistes dans le Sahel et participent à rétablir un État de droit en Centrafrique, en Asie où les tensions persistent entre la Chine et ses voisins et où la Corée du Nord poursuit une fuite en avant avec un cynisme déroutant et ridicule… Sans parler d’autres théâtres où la violence reste le seul outil de discussion. Il faut cependant souligner ici quelques signes d’ouverture et d’espérance comme un timide dialogue, malgré la question nucléaire, entre Téhéran et les Occidentaux face au terrorisme intégral de Daesh et surtout le spectaculaire rapprochement entre Cuba et Washington, notamment avec l’appui discret mais essentiel du Pape François. Un des derniers vestiges de la première guerre froide pourrait ainsi s’effacer.

En effet, une seconde guerre froide s’est ouverte avec la Russie, sur fond de nationalisme exacerbé et de retour à des pratiques que l’on pensait révolues, comme les survols agressifs des avions russes en Europe du Nord. Les inquiétudes pour 2015 sont de ce fait nombreuses et dès lors, sujets de travail et de réflexion pour la RDN, à commencer dans ce numéro par le thème toujours d’actualité de la prolifération NRBC – la menace chimique étant une réalité en Syrie. Si les mécanismes de contrôle, en particulier le Traité de non-prolifération (TNP), ont été assez efficaces, il faut rester réaliste et constater que d’autres proliférations existent, en particulier dans le domaine balistique. Face à ces risques, la France n’est pas indifférente et reste un acteur essentiel surtout dans les négociations avec l’Iran. Nous participons activement aux travaux menés par l’Otan pour développer une défense antimissile balistique crédible même si les difficultés techniques sont importantes. C’est aussi la présentation de nos capacités de réaction face au danger chimique, développées par le Service de santé des armées qui montre ainsi une facette peu connue mais essentielle pour assurer la résilience de notre défense et de notre pays.

2015 sera une année ardue avec des crises non résolues, des guerres comme au Levant, des engagements importants pour notre défense, elle-même dans un processus de transformation difficile, avec le risque réel de perdre des aptitudes opérationnelles pourtant indispensables face aux menaces de demain. La RDN contribuera à éclairer ces incertitudes stratégiques, à discerner les enjeux et à expliquer combien la défense est une exigence majeure pour notre pays, imposant des choix s’inscrivant dans la durée et conformes à nos vrais intérêts. Enfin, la RDN exprime tous ses vœux à ses lecteurs, à ses auteurs, à nos familles et à la France.

Bonne année 2015.

Jérôme Pellistrandi

Novembre 2019
n° 824

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