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Été 2019 - n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

Qu’est-ce que la Méditerranée ? Mille choses à la fois...

Fernand Braudel

La Méditerranée, qui concentre sur une surface particulièrement réduite des enjeux et des acteurs mondiaux, est un laboratoire des tensions et des rivalités mondiales. Actuellement, les rives du théâtre méditerranéen sont en proie à deux crises principales dont les manifestations sur mer prennent des visages différents : concentration de forces navales endogènes et exogènes dans le canal de Syrie, guerre par procuration en Libye. Les trafics d’armes licites ou illicites en sont une conséquence commune, comme les migrations forcées dont les débordements sur mer contraignent notre liberté de manœuvre opérationnelle. Lire la suite

p. 7-9

La Méditerranée est un espace stratégique majeur, lieu de multiples confrontations entre des acteurs aux ambitions divergentes et opposées. Au cœur de la mondialisation, cette région à l’histoire si ancienne est particulièrement fragile et vulnérable face aux nombreux défis qui la concernent. Plus que jamais, il est urgent d’y attacher la plus grande attention. Lire la suite

p. 11-14

Perspective stratégique

Grands enjeux et principaux défis

La territorialisation des espaces maritimes traduit la pression des États riverains pour mieux contrôler des zones d’intérêt économique ou stratégique. C’est le cas de la Méditerranée, d’autant plus que la découverte d’hydrocarbure dans la partie orientale accroît la tension. Il est urgent que les gouvernements trouvent des compromis. Lire les premières lignes

p. 17-26

La Méditerranée orientale est riche d’hydrocarbures. Cet avantage économique se transforme peu à peu en facteur de risques en accroissant la discorde et la rivalité entre les pays riverains. Chacun s’efforce d’accroître ses zones d’exploration avec une militarisation croissante des espaces maritimes, en particulier de la part de la Turquie. Lire les premières lignes

p. 27-32

Protéger l’environnement en Méditerranée n’est pas une option mais une nécessité absolue et urgente tant l’écosystème est fragilisé par les 450 millions de riverains. Les efforts ont été heureusement engagés depuis de nombreuses années, mais ils doivent être poursuivis et élargis face aux nouveaux risques environnementaux. Lire les premières lignes

p. 33-38

Les marchés économiques d’Afrique du Nord sont très vulnérables aux conséquences des politiques monétaires internationales. Dans des économies en transformation, l’impact des soubresauts affectant le système financier a des conséquences, en particulier sur le plan social avec une population exprimant son mécontentement. Lire les premières lignes

p. 39-46

Le djihadisme a durablement marqué les pays méditerranéens avec une violence qui avait beaucoup séduit une jeunesse en mal d’une sensation millénariste. La fracturation du monde sunnite rend plus complexe les perspectives d’évolution tant les rivalités et les clivages divisent tous les acteurs, y compris ceux qui se réclament du djihadLire les premières lignes

p. 47-51

Le retour des combattants de Syrie est un défi. Au-delà de la réponse judiciaire, il est nécessaire de mettre en place un accompagnement psychologique pour des individus marqués par la violence brutale. Ces « revenants » représentent un danger s’ils ne sont pas pris en charge. Il y a donc besoin d’anticiper ce mouvement inéluctable. Lire les premières lignes

p. 52-56

La Méditerranée orientale est le réceptacle de toutes les tensions géopolitiques engendrées par les rivalités de puissance. Sur terre, la Russie et l’Iran ont accru leur influence au détriment des États-Unis qui restent très présents sur l’eau avec la VIe flotte. Parmi les grands absents, l’Europe, incapable d’être présente en tant que telle. Lire les premières lignes

p. 57-63

L’instabilité des pays de la rive Sud de la Méditerranée est une réalité révélant la fragilité de ces États qui assument avec difficulté les défis de la démographie et du développement économique. Souvent en situation de rivalité stratégique, il impacte donc que la rive Nord, en l’occurrence, l’Europe, prenne la mesure de cette situation. Lire les premières lignes

p. 64-70

Les foyers de crise

Certains indices laissent à penser que le Levant pourrait sortir de la crise ouverte où il est plongé depuis des années. Les acteurs régionaux et internationaux ont avancé leurs pions sur cet échiquier complexe. De multiples paramètres influent sur les choix stratégiques avec, en tout cas, une marginalisation irréversible de l’Europe, la Russie étant la grande gagnante de ce puzzle. Lire les premières lignes

p. 71-76

La Libye post-Kadhafi est à nouveau en crise avec l’offensive du maréchal Haftar vers Tripoli. Le pays est divisé entre des acteurs préférant des solutions militaires à des discussions politiques. De fait, l’impasse est totale tant que les protagonistes s’affronteront pour défendre leurs propres intérêts, au détriment d’une négociation globale. Lire les premières lignes

p. 77-80

Les Balkans constituent une charnière stratégique trop négligée par l’UE et instrumentalisée par les acteurs régionaux comme les mafias, les partis nationalistes ou la Turquie. Les haines ancestrales n’ont pas disparu malgré la suspension des guerres. Seule une politique cohérente de développement pourrait éviter le retour des tensions. Lire les premières lignes

p. 81-86

Le Maghreb est complexe et fracturé, alors qu’il dispose d’un potentiel remarquable constituant un atout pour l’espace méditerranéen, tant pour le Sud que le Nord avec la France comme un partenaire privilégié et respectueux des dynamiques en cours. Lire les premières lignes

p. 87-96

La relation France-Algérie est complexe depuis l’indépendance avec des phases de rapprochement mais aussi de défiance mutuelle. Les liens sont cependant forts et ne peuvent laisser indifférents les gouvernements. Les évolutions en Algérie ont un impact en France et l’avenir de la relation dépendra des choix qui y seront faits. Lire les premières lignes

p. 97-103

Dilemmes et ambitions des principaux acteurs

Les États-Unis étaient fortement investis en Méditerranée orientale puis ont baissé l’effort, considérant avoir d’autres priorités. Toutefois, le retour de la Russie dans la région et l’activisme chinois doivent inciter Washington à ne pas se désengager et trouver de nouvelles formes de partenariat et de présence. Lire les premières lignes

p. 105-111

La Russie a retrouvé une place très active en Méditerranée combinant hard power sur le plan militaire et soft power avec une présence accrue, en particulier à Chypre. Moscou peut accroître son influence en utilisant des relais efficaces, y compris avec la Turquie et en s’inscrivant dans la durée, notamment pour les bases militaires en Syrie. Lire les premières lignes

p. 112-119

La Chine met en œuvre une politique ambitieuse en Méditerranée avec des actions combinant projets économiques avec les Nouvelles Routes de la Soie et déploiement naval, dont le point d’appui de la base de Djibouti. L’implantation de Pékin au Pirée constitue la concrétisation et la valorisation de cette dimension maritime. Lire les premières lignes

p. 120-125

La Chine développe une stratégie étudiée vers les pays de la rive Nord de la Méditerranée avec des alliances commerciales et des participations renforçant son commerce. Habilement, Pékin joue sur des relations bilatérales plus faciles à établir, au risque d’affaiblir l’Union européenne désormais plus vigilante. Lire les premières lignes

p. 126-129

La politique étrangère de l’Espagne, depuis 1978 et le retour de la démocratie, s’est renforcée en donnant à Madrid un rôle sur la scène internationale avec une approche multilatérale. Après une décennie compliquée (2008-2018) économiquement, l’Espagne doit repenser ses orientations et assumer de nouvelles ambitions. Lire les premières lignes

p. 130-135

L’Italie est par nature une puissance méditerranéenne avec la volonté d’y jouer un rôle central, quitte à être en rivalité avec d’autres partenaires comme la France. La marine italienne constitue de ce fait un atout essentiel même si la lutte contre les migrants semble avoir pris le pas sur le reste, au risque d’un certain isolement. Lire les premières lignes

p. 136-140

La Turquie entretient une relation complexe avec la Méditerranée en raison des rivalités historiques et stratégiques qui évoluent dans une région conflictuelle. Les récentes dispositions de la politique étrangère remettent en cause des pratiques jusqu’alors en vigueur. D’où une incertitude pleine d’ambiguïté. Lire les premières lignes

p. 141-146

Chypre, membre de l’UE, est confrontée à une attitude plutôt agressive de la part de la Turquie. Ankara veut peser notamment sur le potentiel économique procuré par les gisements d’hydrocarbures. L’UE, et en particulier la France, ne pourront laisser faire et devront prendre leurs responsabilités. Lire les premières lignes

p. 147-152

Les découvertes d’hydrocarbures en Méditerranée orientale bouleversent les équilibres avec de nouvelles perspectives de discussions, voire de coopération régionale. La manne gazière devrait améliorer les ressources de certains pays de la zone. Par contre, la Turquie semble marginalisée dans cette réorganisation géopolitique. Lire les premières lignes

p. 153-157

L’Égypte du président Sissi retrouve peu à peu une place centrale dans l’échiquier régional avec une volonté de dialogue – souvent discret – envers la plupart des États voisins. La lutte contre le terrorisme islamiste y est relativement efficace, sachant que le redressement économique est l’autre grand défi du régime. Lire les premières lignes

p. 158-163

Pour Israël, la Méditerranée est un enjeu majeur pour de multiples raisons dont la profondeur stratégique qu’elle offre. La découverte d’hydrocarbures rajoute une dimension avec des avantages économiques et des contraintes liées à la protection des moyens d’exploitation. Israël doit mieux prendre en compte cette approche maritime. Lire les premières lignes

p. 164-169

Les pays du Golfe sont présents et actifs dans certains États du pourtour méditerranéen. Cette pénétration s’appuie sur l’Islam et les financements. Mais les efforts se font de façon dispersée, répondant à des objectifs nationaux et s’inscrivant dans un contexte de rivalité entre États du Golfe voulant se constituer une clientèle. Lire les premières lignes

p. 170-174

Mémoire stratégique

Seul espace maritime connu de nos Anciens, la Méditerranée ne représente plus à notre époque que la centième partie de la surface d’eau sillonnée par les lignes de navigation. Lire la suite

p. 177-183

Depuis plusieurs mois, la Méditerranée revient à l’ordre du jour. Sans doute l’éternel conflit israélo-arabe, la perpétuation du différend gréco-turc à propos de Chypre, la lourde mais persistante querelle entre l’Espagne et la Grande-Bretagne au sujet de Gibraltar, le contentieux hispano-marocain des présides suffisent-ils à maintenir cette partie du globe au premier plan de l’actualité internationale. Mais, ces derniers temps, on décèle quelque chose de plus que ces constantes habituelles de l’effervescence méditerranéenne. Lire la suite

p. 184-194

Pour ceux qui ont suivi avec passion, dans les années 1930, les aventures d’Albert Londres (Pêcheurs de perles) et d’Henry de Monfreid (Les Secrets de la mer Rouge, Le Drame éthiopien, L’Île aux perles, Trafic en mer Rouge, et bien d’autres), la mer Rouge a toujours exercé cette sorte de fascination que suscitent à la fois les mystères de la mer et la découverte de contrées hostiles. La contrebande des armes, l’acheminement de convois d’esclaves de l’Afrique vers l’Arabie, la pêche et le commerce des perles entretenaient alors dans cette région tout un trafic occulte qui attirait par là même bon nombre d’aventuriers, arabes et parfois européens, que l’administration locale pourchassait avec bien des difficultés. À cela s’ajoutaient les rivalités politiques des deux grandes puissances du moment : la France et la Grande-Bretagne. Lire la suite

p. 195-206

Les événements du 11 septembre, la deuxième Intifada et la guerre d’Irak ont complètement modifié les conditions de la coopération en Méditerranée. Il est désormais impossible de faire semblant de considérer ces événements comme des péripéties minimes qui ne mettent pas en péril le fond de ce projet politique. Lire la suite

p. 207-216

Recensions

Gilles Kepel : Sortir du chaos – Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient  ; Gallimard, 2018 ; 514 pages - Pierre Razoux

Un récit magistral servi par une réflexion percutante ! Telle est l’impression qui ressort de la lecture du nouvel opus de Gilles Kepel, fin connaisseur du Moyen-Orient et de la rive Sud. L’auteur, directeur de la chaire Moyen-Orient Méditerranée à l’École normale supérieure, brosse une fresque des crises et conflits qui ont ensanglanté le monde arabo-musulman de la guerre du Kippour (1973) et du premier choc pétrolier – qui marquent, selon lui, le crépuscule du nationalisme arabe et l’émergence d’un « proto-jihad » financé par l’islamisation de l’arme du pétrole – jusqu’à l’enjeu planétaire de la bataille du Levant et de l’après-Daech (2018). Lire la suite

p. 217-218

L’espace maghrébo-sahélien constitue le continuum sécuritaire des deux rives de la Méditerranée. Sa sécurisation est donc cruciale, mais problématique. C’est ce que démontre avec talent Abdennour Benantar, maître de conférences à l’université Paris 8 et chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), dans cet essai dense qui participe au débat stratégique sur les enjeux de la bande sahélo-saharienne. Abdennour Benantar n’en est pas à son coup d’essai, il a déjà publié deux ouvrages remarqués : La sécurité en Méditerranée occidentale et Le Moyen-Orient en quête d’un ordre régional (1945-2010), tous deux parus chez L’Harmattan en 2015. Lire la suite

p. 218-219

Yuval Noah Harari : 21 leçons pour le XXIe siècle  ; Albin Michel, 2018 ; 375 pages - Pierre Razoux

Puisque ce numéro fait référence à la mondialisation, comment ne pas évoquer le remarquable essai de Yuval Noah Harari qui décrypte l’évolution du monde et de nos sociétés en ce début de XXIsiècle. Cette réflexion à mi-chemin entre l’ouvrage de développement personnel et l’essai philosophique s’inscrit en droite ligne de ses deux précédents livres intitulés Sapiens et Homo Deus. Elle se présente comme une série de « leçons » à la mode de celles du Collège de France qui englobent chacune magistralement une problématique essentielle à nos sociétés post-modernes. Elles méritent vraiment d’être lues et relues tant elles collent aux dilemmes que se posent citoyens et dirigeants des trois rives de la Méditerranée (Nord-Sud-Est). Ces vingt-et-une leçons, d’une douzaine de pages chacune, sont regroupées en cinq parties très bien rédigées. Lire la suite

p. 219-220

Il est rare qu’un mémoire de recherche de master 2 fasse l’objet d’une publication. Il est donc d’autant plus utile de le signaler et de le mettre en valeur quand le résultat est de qualité, ce qui est indéniablement le cas de l’ouvrage de Léa Michelis consacré au détroit d’Ormuz. Certes, le détroit d’Ormuz ne paraît pas connecté de prime abord à la thématique méditerranéenne, mais l’est pourtant par le biais de l’économie, des routes maritimes et des enjeux géopolitiques, l’Iran étant devenu un acteur du jeu méditerranéen. L’auteur, diplômée de Sciences Po Aix, a su éviter le piège du hors-sujet qui aurait constitué à ne traiter du détroit que de manière secondaire, privilégiant la géopolitique de l’Iran. Elle place au contraire ce détroit stratégique au cœur de sa problématique, décrivant cette zone et ses îles, l’analysant sous tous ses angles – notamment symbolique et économique – et montrant très bien comment elle est instrumentalisée à des fins stratégiques et politiques par l’ensemble des acteurs qui y transitent. Lire la suite

p. 220-221

Thierry Garcin : La fragmentation du monde  ; Économica, 2018 ; 344 pages - Mustapha Benchenane

Thierry Garcin, auteur d’une dizaine de livres et autant de contributions à des ouvrages collectifs, a fait paraître cet ouvrage avec un sous-titre, « La puissance dans les relations internationales ». La valeur particulière de cette réflexion tient à la personnalité de l’auteur, à la fois journaliste et politologue. Il a animé avec talent et durant trente-trois années sur France culture l’émission « Les enjeux internationaux » dont il en a fait une référence pour quiconque s’intéresse aux affaires du monde. Mais il n’est pas « seulement » journaliste, il est aussi politologue, docteur en science politique et titulaire d’une habilitation à diriger des recherches, la fameuse « HDR » qui lui permet d’encadrer des étudiants en doctorat. Il a enseigné à l’Institut d’étude politique de Paris (Sciences Po), il est professeur invité à la Sorbonne Université Abu Dhabi et maître de conférences à HEC. Lire la suite

p. 222-223

Rédiger une histoire aussi complète que possible, et largement accessible aux non spécialistes des divers mondes islamiques, n’était assurément pas chose aisée. Six auteurs, souvent issus du CNRS (en particulier de l’Institut de l’islam et des sociétés du monde musulman ou d’institutions de recherche similaires), spécialistes de chacune des grandes régions où l’islam est dominant ou significatif, ont joint leurs efforts. Leur livre s’avère une œuvre indispensable pour mieux comprendre ces mondes de l’islam à la fois si proches et si lointains qui nous occupent, nous entourent, nous interpellent de différentes façons et dont l’image est trop souvent obscurcie par les feux de l’actualité. Lire la suite

p. 224-226

Revue Défense Nationale - Été 2019 - n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

The Mediterranean is a key strategic area, one that witnesses numerous confrontations between players with diverging and opposing ambitions. This historical region is at the very heart of globalisation and yet shows great fragility and vulnerability in the face of its many challenges. It is more than ever urgent to afford it the greatest possible attention. Read more

Strategic Perspective

High Stakes and Principal Challenges

Territorialisation’ of sea areas results from increasing pressure on coastal nations to ensure better control over their economic and strategic areas of interest. This is even more true for the Mediterranean, given that the discovery of oil and gas deposits is leading to increased tension in the area. There is an urgent need for governments to find solutions.

The eastern Mediterranean is rich in hydrocarbon deposits. This economic advantage is gradually becoming a factor of risk, increasing the discord and rivalry between nations on the littoral, each of which—Turkey in particular—is attempting to broaden its areas of exploration in parallel with increasing militarisation of sea areas.

Protecting the Mediterranean environment is not an option but an urgent and absolute necessity, given how the ecosystem is being attacked by the 450 million people living on its shores. Thankfully, protection effort has been underway for a number of years but it needs to be progressed further and broadened to cover new environmental risks.

North African economic markets are particularly vulnerable to the consequences of international monetary policies. The impact of jolts on the financial systems of economies in transformation has consequences in particular on the social level: populations are now manifesting their discontent.

Jihadism has long stamped its mark on Mediterranean countries, with a degree of violence that has attracted much of the youth in search of sensation for the current millennium. The break-up of the Sunni world makes establishing a vision of the future more complex, such are the rivalries and the schisms that divide the players—even those who claim jihad.

The return of combatants from Syria poses some difficulty, since apart from the legal aspects there is a need to set up a form of psychological support for those individuals affected by brutality and violence. These returning people represent a danger if they are not taken in hand: there is therefore a need to keep a step ahead of this unavoidable movement.

The eastern Mediterranean sees all forms of geopolitical tension arising from power challenges. On land, Russia and Iran have increased their influence to the detriment of the United States, which nevertheless remains powerful on the sea with its Sixth Fleet. Among the major absentees is Europe, incapable of showing any real presence.

The current instability of countries on the southern shore of the Mediterranean is witness to the fragility of those states which are having trouble facing up to the challenges of demography and economic development. Then often-present strategic rivalry means that those on the northern shore—in other words, Europeans—need to be aware of the scale of the situation.

Seats of Crisis

There are indications that the Levant could be making its way out of the crisis in which it has been drowning for many years. Regional and international players have been moving their pawns about this complex chessboard, yet there are many matters that influence strategic decisions including the irreversible marginalisation of Europe to the benefit of Russia, the main winner of the game.

Libya post-Gaddafi is once again in crisis with Field Marshal Haftar’s offensive on Tripoli. The country is divided among players preferring military solutions to political discussions. Matters are at a total impasse, since the protagonists continue to confront each other in defence of their own interests to the detriment of broader negotiations.

The Balkans is a strategically pivotal area, too often neglected by the European Union and controlled by regional players that include mafia, nationalist parties and Turkey. Ancestral hatred remains, despite suspension of war, and only a coherent development policy will be able to obviate a return of tension.

The Maghreb is complex and beset with rifts and yet it has remarkable potential—an asset not only for the southern part of the Mediterranean but also for the northern, in which France is a favoured partner that understands and respects the current dynamic.

The Franco-Algerian relationship has been complex since independence, with some periods of rapprochement and others of mutual defiance. Despite that, the bonds are strong and do not leave the governments indifferent, since developments in Algeria have an impact on France and the future of the relationship will depend on decisions to be made about it.

Dilemmas and Ambitions of the Main Players

The United States, which once had a strong presence in the eastern Mediterranean, has reduced its effort in view of other priorities. The return of Russia to the region, and the Chinese activities there, could nevertheless lead Washington not to withdraw and to seek new forms of partnership and of presence.

Russia has re-established a highly active position in the Mediterranean that combines military hard power with the soft power that comes from increased presence, in Cyprus in particular. Moscow could increase its influence through adoption of effective stances, including with Turkey, and through long-term presence—in military bases in Syria in particular.

China is pursuing an ambitious policy in the Mediterranean with actions combining economic projects with the new Silk Routes and naval deployments from its base in Djibouti. Beijing’s presence in Piraeus is concrete evidence of the value to China of this maritime dimension.

China is developing a carefully thought-out strategy regarding the countries on the northern shores of the Mediterranean, with commercial alliances and partnerships to boost its commerce. Beijing is playing a crafty game: its easily established bilateral relationships risk weakening a henceforth more vigilant European Union.

Since the return of democracy in 1978, Spanish foreign policy has been boosted by a multilateral approach intended to give Madrid a role on the international stage. Following an economically difficult decade from 2008 to 2018, Spain needs to revisit its aims and take on new ambitions.

Italy is by nature a Mediterranean power with a will to play a central role in the area, to the extent of risking rivalry with partners such as France. Because of this, the Italian Navy is an essential asset even if the battle against migrants seems to have eclipsed other matters, in doing so risking a degree of isolation.

Turkey has a complex relationship with the Mediterranean because of historic, strategic rivalry that continues to develop in a conflict-ridden region. Recent elements of its foreign policy are calling into question previously-accepted practices. Hence uncertainty and ambiguity reign.

Cyprus, a member country of the European Union, faces an aggressive attitude from Turkey. Ankara seeks to bring its weight to bear on the economic potential of the hydrocarbon deposits. The European Union—and France in particular—cannot ignore this and must face up to its responsibilities.

The discovery of hydrocarbons in the eastern Mediterranean is shaking up regional balances with new perspectives for discussions and regional cooperation. This oil and gas manna ought to improve the resources of some countries in the area, yet Turkey appears to be marginalised in this geopolitical reorganisation.

Under President Sissi, Egypt is gradually recovering a central position on the regional map with its willingness for dialogue, often discreet though it be, with the majority of its neighbours. The fight against Islamic terrorism is fairly effective in the country, but economic recovery is the other major challenge for the regime.

The Mediterranean represents for Israel a major challenge for many reasons, not least the strategic depth it affords. The discovery of hydrocarbons has added a further dimension of economic advantages but also of constraints related to the protection of the assets used for exploitation of the resource. Israel should take greater account of this maritime approach.

The Gulf States are present and active in a number of countries around the Mediterranean Sea, a penetration that calls upon Islam and financial support. Nevertheless, effort is dispersed and subject to national objectives, which in turn result from rivalry between the same Gulf States, each of which is attempting to establish its own client base.

Book reviews

Gilles Kepel : Sortir du chaos – Les crises en Méditerranée et au Moyen-Orient  ; Gallimard, 2018 ; 514 pages - Pierre Razoux

Yuval Noah Harari : 21 leçons pour le XXIe siècle  ; Albin Michel, 2018 ; 375 pages - Pierre Razoux

Thierry Garcin : La fragmentation du monde  ; Économica, 2018 ; 344 pages - Mustapha Benchenane

Revue Défense Nationale - Été 2019 - n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

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Été 2019
n° 822

La Méditerranée stratégique – Laboratoire de la mondialisation

Actualités

08-08-2019

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