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Janvier 1974 - n° 329

« Qu'est-ce que la civilisation ? De quoi étions-nous si fiers, habitants de ce petit cap déchiqueté sur quoi s'est abattue la misère, Juste conséquence de nos guerres incessantes, de nos égoïsmes, terrible témoignage de notre impuissance à gouverner le monde dont pourtant nous nous crûmes un moment les maîtres ? »

  p. 3-14
  p. 15-21
  p. 23-33
  p. 35-45
  p. 47-61
  p. 63-74
  p. 75-84
  p. 85-105
  p. 107-120
  p. 121-128
  p. 129-138
  p. 139-151

Chroniques

  p. 153-157
  p. 158-176
  p. 177-188
  p. 182-187
  p. 188-194

Bibliographie

François Fetjö : L’héritage de Lénine  ; Éditions Casterman, 1973 ; 397 pages - André Nolde

En observant la vie politique des pays qui se réclament du marxisme-léninisme, on est frappé par le souci permanent de leurs dirigeants de justifier la moindre mesure en la rattachant par des raisonnements subtils et qui nous paraissent souvent emberlificotés à un corps de doctrine considéré comme vérité révélée. De même, chaque événement, chaque idée et chaque œuvre, à l’intérieur des pays ou à l’extérieur, sont appréciés non en fonction de ce qu’ils représentent en eux-mêmes, mais par référence à une certaine évolution jugée seule correcte des modèles fondamentaux. Il s’agit là, évidemment, de la célèbre dialectique marxiste, et l’intention ne nous effleure pas d’en contester, sinon l’intérêt, du moins la valeur historique. Mais, tout de même, on a le droit de penser que l’installation d’un sens unique ou la taxation du lait peuvent se faire sans en imputer la filiation à la pensée de Lénine. Lire la suite

  p. 195-195

Michel Mourre : Dictionnaire des personnages historiques de tous les temps  ; Éditions Bordas, 1972 ; 715 pages - André Nolde

Sous un format pratique et maniable, d’une présentation élégante, ce répertoire de quelque 3 700 personnages historiques constitue une source de références très complète et facile à consulter par les étudiants et, plus généralement, par ceux qui s’intéressent à l’histoire. Les notices biographiques sont concrètes, précises et rédigées avec un souci absolu d’objectivité. Il y a donc là un excellent outil de travail, essentiellement conçu pour faciliter les recherches et gagner du temps. Mais il n’est pas du tout exclu de feuilleter ce petit volume au hasard et sans but précis : on y trouvera toujours matière à réflexion. ♦

  p. 196-196

Herman Kahn et B. Bruce Briggs : À l’assaut du futur  ; (traduit par Anne Borgis) Éditions Robert Laffont, 1973 ; 317 pages - André Nolde

L’étude du futur – la « futurologie » comme on a de plus en plus tendance à l’appeler – est maintenant solidement implantée aux États-Unis et commence à exercer ses séductions en Europe, pour le moment encore surtout par l’intermédiaire de traductions. Cette nouvelle discipline, qui se veut scientifique, a commencé par créer son vocabulaire. Au néophyte, ce vocabulaire donne froid dans le dos. En apprenant qu’un certain paradigme se trouve être un instrument heuristique très utile pour la description critique d’une culture sensate, il y a de fortes chances pour que la plupart des lecteurs sentent leur intelligence se recroqueviller. Lire la suite

  p. 196-196

Albert Ducrocq : Le Roman des Hommes  ; Éditions Julliard, 1973 ; 249 pages - C. B.

Un auteur particulièrement doué pour la haute vulgarisation scientifique, un sujet qui ne peut laisser personne indifférent, un style élégant, un vocabulaire précis et accessible à tous, font de cet ouvrage bien documenté, un livre d’une lecture intéressante et agréable. Nous y sommes d’abord confrontés avec nos lointains ancêtres et leur lente évolution par transformations successives. L’hominisation c’est, entre autres choses, la station verticale, le développement de la main et de la parole. Déjà sans doute les australopithèques babillaient mais le véritable langage n’aurait que quelques dizaines de milliers d’années, et la symbolisation environ 15 000 ans. Là commence la civilisation de l’écriture avec ses deux représentations, alphabétique et idéographique, qui vont fixer deux formes de pensées, l’une se développant autour du bassin méditerranéen, l’autre en Chine. Puis l’imprimerie autorisera une transmission fidèle à un plus grand nombre de lecteurs. Le papier, support peu coûteux, va jouer un rôle important. Lire la suite

  p. 197-197

Dee Brown : Enterre mon cœur à Wounded Knee  ; (traduit par Gisèle Bernier) Éditions Stock, 1973 ; 551 pages - André Nolde

La conquête de l’Ouest américain a longtemps été présentée comme une des plus exaltantes aventures de l’homme blanc. Plusieurs générations d’historiens ont contribué à mettre en lumière ses aspects héroïques. Plusieurs générations d’écoliers se sont enthousiasmées pour le courage de ces pionniers hardis, épris d’idéal, ouvrant à la civilisation, au péril de leur vie, d’immenses espaces inexplorés, peuplés de bisons et d’Indiens sauvages, rusés et cruels. Ces emballements juvéniles ont donné naissance plus tard à la tradition toujours tenace des westerns. Lire la suite

  p. 198-198

Jean-Pierre Alem : Terre d’Israël  ; Éditions du Seuil, 1973 ; 320 pages - André Nolde

Les maisons d’édition à grand tirage n’ont pas coutume de lancer leurs ouvrages comme l’a été celui-ci : sous jaquette pelliculée en quadrichromie, sur papier couché 180 gr et avec près de 300 photographies très bien reproduites pour un livre de quelque 300 pages. Il y aurait donc gros à parier qu’une discrète subvention des services de propagande d’un État du Proche-Orient soit à l’origine de tant de soins et de luxe apportés à la présentation. Lire la suite

  p. 198-199

Claude Fohlen : La société américaine 1865-1970  ; Éditions Arthaud, 1973 ; 350 pages - André Nolde

En suggérant que l’ouvrage de Claude Fohlen pourrait être rangé dans la catégorie des manuels scolaires, nous ne voudrions surtout pas le dévaluer aux yeux de certains lecteurs. Disons donc que c’est un manuel « au niveau le plus élevé ». Il en a les qualités : ordre, méthode, clarté, présentation. Il est accompagné de toutes les « aides » indispensables tant à la compréhension qu’à l’approfondissement des sujets traités : excellents graphiques, tableaux chronologiques, bibliographie et, surtout, documents photographiques saisissants qui donnent de la société américaine une image presque plus vraie que nature. C’est donc un ouvrage de référence éminemment utile et de ceux qu’on aimera posséder dans sa bibliothèque. Mais il se laisse aussi bien lire d’un seul trait, parce que l’auteur est passionné par son sujet, parce que son style clair et précis facilite et agrémente la lecture, et parce que les problèmes qu’il évoque sont des problèmes de civilisation très actuels, qui nous concernent tous et de très près. ♦

  p. 198-198

François Fonvieille-Alquier : La grande peur de l’après-guerre 1946-1953  ; Éditions Robert Laffont, 1973 ; 419 pages - André Nolde

On ne saisit pas très bien, au premier abord, à quel souci correspond ce nouveau livre de François Fonvieille-Alquier. Son précédent ouvrage, de cette même série, Les Français dans la Drôle de Guerre pouvait, dans un certain sens, être considéré comme une recherche historique (à vrai dire peu conformiste et fortement moralisante) parce qu’il portait sur une période précise et bien définie dans l’espace et dans le temps. Cette fois, le sujet du livre paraît moins bien cadré. Il s’agit en fait, de la guerre froide, c’est-à-dire d’une température et d’un climat aux limites assez indécises, plutôt que d’une succession d’événements susceptibles d’être groupés, analysés, appréciés et situés par rapport à d’autres dans une perspective historique générale. Lire la suite

  p. 199-200

Jacques Droz : Les causes de la Première Guerre mondiale  ; Éditions du Seuil, 1973 ; 186 pages - G. B.

Dans les rayons des librairies, ce livre au format de poche attire l’œil de l’historien en quête de nouveautés bibliographiques par un titre en gros caractères : Les causes de la Première Guerre mondiale. Est-ce un écrit du type « cours de Sorbonne » ? Est-ce un nouvel ouvrage polémique s’ajoutant aux nombreuses interprétations déjà formulées au sujet de la crise de juillet 1914 ? Il n’en est rien. Le minuscule sous-titre porté sur la jaquette « Essai d’historiographie » doit donc retenir l’attention. Mais en fait Droz ne nous donne la teneur exacte de son livre qu’au cours de son introduction : les thèses du professeur Fritz Fischer, de l’université de Hambourg, sont à la fois le prétexte et le thème central de cette étude. Lire la suite

  p. 200-201

Roger Gheysens : Les espions  ; Éditions Elsevier Séquoia, 1973 ; 315 pages - André Nolde

Contrairement à ce que pourrait faire croire le titre de cet ouvrage, il ne s’agit nullement ici d’un de ces récits de mystérieuses aventures, mettant en scène « fausses moustaches » et autres « barbouzes », qui prolifèrent depuis la guerre et font la joie des amateurs. Le livre de Roger Gheysens fait plutôt penser à un annuaire administratif, doublé d’un mémento de procédure et illustré de cas concrets et de rappels historiques. Autrement dit, c’est un livre très sérieux, qui utilise avec intelligence et discernement toute la documentation « ouverte » dont on peut disposer sur le sujet, pour nous présenter un tableau complet de l’organisation des services secrets dans les différents pays, et nous éclairer sur les procédés qu’ils emploient et les résultats qu’ils obtiennent… ou n’obtiennent pas. L’auteur est ainsi amené à constater, avec un certain effroi, que « la puissance occulte des services de renseignements des grandes nations est devenue telle qu’ils finissent par peser sur la politique des États au lieu d’être régentés strictement par elle ». Il signale aussi « les risques de pollution des mœurs et de la vie privée que provoque l’espionnage ». Il incite donc à la réflexion sur un problème très concret dont les différents aspects sont trop souvent masqués aux yeux du public par l’attrait du mystère et du mythe. ♦

  p. 201-201

Jacques A. Kosciusko-Morizet : La « mafia » polytechnicienne  ; Éditions du Seuil, 1973 ; 190 pages - André Nolde

Le problème des « grandes écoles », celui de Polytechnique en particulier, a souvent été débattu entre les responsables de l’Éducation nationale, les anciens élèves et le pouvoir politique. Une profonde réforme de l’enseignement est intervenue récemment en ce qui concerne l’X. Une autre réforme, lourde de conséquences de tous ordres, le transfert hors de Paris, est en cours. Lire la suite

  p. 202-202

Michel Barba : Les cancres du management  ; Éditions Hachette, 1973 ; 245 pages - André Nolde

Une fois n’est pas coutume ! Bien que notre revue n’ait pas l’habitude de signaler à ses lecteurs des ouvrages humoristiques, nous avons pensé que nous pouvions leur recommander celui-ci, qui est fondamentalement drôle et qui distraira de la meilleure façon qui soit tous ceux qui connaissent, peu ou prou, la vie des affaires. Lire la suite

  p. 202-202

Revue Défense Nationale - Janvier 1974 - n° 329

Revue Défense Nationale - Janvier 1974 - n° 329

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.