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Février 1976 - n° 352

Dans la partie occidentale de l’océan Indien et sur la côte orientale de l’Afrique, les rivalités des puissances s’accentuent, les visées de la Chine se précisent. Face aux tensions que provoquent ces entreprises, la France ne doit pas renier son passé ni abdiquer sa mission. Tout retrait, toute faiblesse de sa part, tout affadissement de sa foi dans son rôle mondial serait néfaste pour elle, pour les peuples qui lui font confiance et pour l’Occident dont elle porte l’image. Lire les premières lignes

  p. 25-34

Les opérations que nos forces peuvent être appelées à mener hors du territoire métropolitain ont un caractère dominant : celui de l’imprévisibilité. Elles peuvent donc revêtir les formes et les ampleurs les plus variées. Ces forces doivent en conséquence présenter un certain nombre de capacités et une entière polyvalence qui les mettent en mesure de répondre aux intentions d’action que le gouvernement peut exprimer. Lire les premières lignes

  p. 35-42

Quand on parle de l’océan Indien, il est important d’avoir en mémoire la structure de ce vaste théâtre d’opérations maritimes : comment se présentent ses accès ? Qui en contrôle les points de passage obligatoire ? Quelles sont la nature et l’importance du trafic maritime qui les emprunte ? Quels sont les intérêts en jeu ? Après avoir brossé un tableau géostratégique de cet océan, l’auteur en passe en revue les problèmes spécifiques : le contrôle de la masse du trafic pétrolier débouchant du golfe Arabo-Persique, la question de la non-prolifération nucléaire après la récente explosion atomique indienne, les aspirations des riverains à faire de l’océan Indien une zone de paix et l’action menée à l’ONU où un Comité spécial de l’océan Indien a été formé. Il donne enfin un aperçu des premières conséquences de la réouverture du Canal de Suez et s’interroge sur l’avenir de la paix dans cette région. Lire les premières lignes

  p. 43-67

Du moment que les deux fractions politiques de Djibouti, celle de la majorité avec M. Ali Aref et celle de l’opposition avec MM. Gouled et Dini, s’accordaient — c’est hélas le seul point de leur accord — pour réclamer l’indépendance du territoire, le gouvernement français ne pouvait évidemment refuser d’en envisager la perspective. Il a donc reconnu, le 31 décembre 1975, « la vocation à l’indépendance du Territoire Français des Afars et des Issas ». Mais il l’a fait en l’assortissant de conditions non équivoques : la France entend faire accéder le territoire à la souveraineté nationale « en maintenant l’intégrité de ses frontières, en assurant sa sécurité et en préservant la dignité de ses populations ». Elle se déclare également disposée à « valoriser les chances économiques du futur État ». Lire les premières lignes

  p. 69-77

Les visées annexionnistes de la Somalie, inféodée à Moscou, et sa volonté de regrouper toutes les ethnies somali entretiennent dans cette région des tensions qui pourraient conduire à une déstabilisation dangereuse. La France ne peut admettre de telles prétentions, pas plus d’ailleurs que l’Éthiopie, menacée d’étouffement et de démembrement ; les États arabes ne gagneraient rien non plus à voir la domination de la Somalie et l’influence soviétique s’exercer sans partage sur cette rive de la mer Rouge et de l’océan Indien. L'auteur, journaliste à Radio France Internationale, a été pendant quatre ans conseiller du ministre éthiopien de l’Information. Lire les premières lignes

  p. 79-87

Autour du Golfe, les puissances de l’ordre l’emportent actuellement sur celles du progressisme. Grâce à l’appui militaire que lui prête l’Iran, le Sultan d’Oman et Mascate porte des coups très durs aux rebelles du Dhofar. L’intervention de Téhéran en terre arabe ne semble pas avoir soulevé d’objection de la part de l’Arabie saoudite. Il est vrai que l’Iran a par ailleurs opéré un rapprochement spectaculaire avec l’Irak. L’arabisme est-il donc trahi ? Il faut se garder de répondre hâtivement à cette question. La connaissance d’un passé récent mais aussi d’une histoire religieuse bien plus ancienne qui a marqué cette partie du monde arabe et en a fait, selon l’expression de l'auteur, spécialiste de ces problèmes, « une extraordinaire mosaïque religieuse », est utile pour la compréhension de cette situation. Lire les premières lignes

  p. 89-100

À cette région charnière, entre l'Asie et l'océan Indien, où s'affrontent les rivalités de l'Union soviétique, de la Chine et des États-Unis, l'auteur a déjà consacré deux articles de base : « L’Asie du Sud en quête d'un nouvel équilibre » (février 1975) et « Un projet soviétique : la sécurité collective en Asie » (août-septembre 1975). Il reprend ici l'analyse de cette situation dans laquelle les États riverains, opposés dans des différends territoriaux ou idéologiques, tantôt recherchent l'appui de l'une ou l'autre des grandes puissances pour affermir leur sécurité et tantôt tournent leurs regards avec inquiétude vers cet océan Indien où les forces nucléaires des super-puissances constituent une menace dont ils redoutent de faire les frais. Il passe en revue les projets que les riverains ont lancés à l'ONU, notamment celui de l'Inde demandant que l'océan Indien « soit tenu à l'écart de la rivalité des grandes puissances », celui du Sri-Lanka tendant à en faire une « zone de paix », ou celui du gouvernement pakistanais pour « la création d'une zone dénucléarisée en Asie du Sud », projets sur lesquels il est bien improbable qu’un accord se réalise.

  p. 101-114

Dans la Communauté est-africaine avec le Kenya et l'Ouganda, la Tanzanie était orientée vers le Nord. Ce schéma, héritage du passé colonial britannique, le président Nyerere veut le renverser en réorientant son pays vers le Sud et l'intérieur du continent, c'est-à-dire vers la Zambie et le Mozambique. C'est à ce dessein que doit servir le Tanzam, ce chemin de fer construit avec l'aide de la Chine en un temps record, et qui doit permettre le développement interne du pays plus encore que l'évacuation du cuivre zambien vers Dar Es Salam. Cette politique a conduit le président Nyerere à s'engager de plus en plus étroitement à l'égard de la Chine pour laquelle la Tanzanie est devenue une « vitrine » et à se départir de ses conceptions profondément pacifistes pour assurer la sécurité de son pays par un embryon d'armée. Il n'en reste pas moins l'un des supporters du projet sri-lankais « d'océan Indien zone de paix ».

  p. 115-124

Le grand problème en Afrique australe, ce n'est pas tant celui de la liberté de circulation dans le Canal du Mozambique que celui de l'avenir du socialisme dans les deux anciennes colonies qui le bordent : le Mozambique qui vient d'accéder à l'indépendance après une guérilla de dix ans et Madagascar, déjà émancipée depuis quinze ans mais qui vient d'adopter par référendum une charte sanctionnant l'abandon définitif d'un régime constitutionnel pluraliste. Les deux jeunes États ont à faire face à de difficiles problèmes d'équilibre interne et de développement ; ils accueillent aussi bien l'aide de Moscou que celle de Pékin. Qui l'emportera de l'influence soviétique ou de l'influence chinoise ? Jusqu'où ira la volonté des deux pays de porter l'action révolutionnaire en Afrique du Sud et d'obliger Pretoria à instaurer un régime multiracial ? Là réside le grand danger d'affrontement.

  p. 125-141
  p. 143-148
  p. 149-160

Chroniques

  p. 161-166
  p. 167-169
  p. 170-174
  p. 175-177
  p. 178-186
  p. 187-194
  p. 195-198

Bibliographie

Charles Zorgbibe : Les relations internationales  ; Puf, 1975 ; 364 pages - Georges Vincent

L’étude des relations internationales était jadis, dans l’Université, du ressort du droit international public. Elle ne peut plus ignorer aujourd’hui les apports de la sociologie et de l’histoire. L’ouvrage de Charles Zorgbibe, un juriste professeur de droit international public à l’UER de droit et de sciences économiques de Sceaux, fait appel à toutes les disciplines et en particulier à l’histoire immédiate, c’est-à-dire à la réalité actuelle des relations internationales, marquée depuis trente ans par un fait majeur : l’existence des armes nucléaires. D’où la question que pose Charles Zorgbibe : « l’état de nature » qui, selon Hobbes, caractérise les relations internationales et que l’auteur du Leviathan opposait à l’ordre civilisé régnant à l’intérieur des États, va-t-il se perpétuer au risque d’un suicide planétaire ou bien le fait nucléaire est-il en train de faire progresser cette sagesse des nations et ce Pacte social que Hobbes appelait de ses vœux ? Nul doute, pour Charles Zorgbibe, que le monde moderne cherche confusément son unité : en témoignent suffisamment les accords en vue de prévenir le risque d’un cataclysme nucléaire aussi bien que les conférences pour établir un nouveau droit de la mer ou un nouvel ordre économique mondial. L’humanité aspire à une « gestion collective » et l’on assiste à « une internationalisation de la politique internationale ». Lire la suite

  p. 199-199

Victor Alexandroff : Les jours de la trahison  ; Éditions Denoël, 1975 ; 206 pages - André Nolde

Dans la collection « La vie selon… », M. Pierre Chaunu publie un livre hors du commun et qui ne peut guère laisser indifférent. L’auteur, qui est titulaire d’une chaire d’histoire à la Sorbonne et directeur du premier « Centre d’histoire quantitative » en France, expose avec vigueur, parfois avec passion, ses idées sur le sens de la vie et de la mort et sur les valeurs essentielles de nos sociétés passées et présentes : il réfléchit ainsi sur sa propre expérience et sur les événements qui l’ont marquée. Lire la suite

  p. 199-200

Pierre Chaunu : La mémoire de l’éternité  ; Éditions Robert Laffont, 1975 ; 300 pages - Patrice Romet

Dans la collection « La vie selon… », M. Pierre Chaunu publie un livre hors du commun et qui ne peut guère laisser indifférent. L’auteur, qui est titulaire d’une chaire d’histoire à la Sorbonne et directeur du premier « Centre d’histoire quantitative » en France, expose avec vigueur, parfois avec passion, ses idées sur le sens de la vie et de la mort et sur les valeurs essentielles de nos sociétés passées et présentes : il réfléchit ainsi sur sa propre expérience et sur les événements qui l’ont marquée. Lire la suite

  p. 200-201

Pierre Chaunu : Le temps des réformes. La crise de la chrétienté. L’Éclatement 1250-1550  ; Éditions Fayard, 1975 ; 570 pages - D. M.

Le Temps des Réformes est le premier ouvrage de Pierre Chaunu qui aborde de front les problèmes religieux. Historien de la démographie et de l’économie, il a déjà eu l’occasion de développer des idées originales sur l’évolution du christianisme dans l’Europe moderne. Son dernier livre est donc bien plus qu’une autre histoire de la Réforme. Lire la suite

  p. 201-202

William B. Cohen : Empereurs sans sceptre  ; (traduction de Louis de Lesseps et Camille Garnier) Éditions Berger-Levrault, 1974 ; 304 pages - André Nolde

Le titre français choisi pour cet ouvrage écrit en anglais est à proprement parler sibyllin, car avec la meilleure volonté du monde il est impossible de deviner ce qu’il contient quand on le voit à une devanture. Heureusement, la page de titre intérieur (mais il faut prendre en main le volume et l’ouvrir !) donne en sous-titre la clé du mystère : Histoire des Administrateurs de la France d’outre-mer et de l’École coloniale. À la bonne heure ! On sait maintenant de quoi il s’agit. Et on devine même la thèse de l’auteur (ou du moins l’une de ses thèses) : l’administration coloniale française est née et s’est développée, par la force des choses (éloignement, manque d’intérêt politique de la part de la métropole, etc.), sous le signe d’une décentralisation qui permettait à chaque commandant de cercle d’assumer la plénitude des pouvoirs dans la circonscription qui lui était confiée. Lire la suite

  p. 202-202

Cet ouvrage n’est facile ni par le fond ni par la forme. Il expose en effet une psychologie de l’information et se compose de 79 essais rédigés à la manière d’un journal de 1949 à 1974, ce qui entraîne quelques répétitions. Mais tel qu’il est, le dernier livre de Jean Fourastié vaut la peine que le lecteur prenne le temps de le méditer. La construction progressive de la réflexion est exposée clairement par le mode de présentation choisi par l’auteur : le développement de l’idée centrale, de sa naissance à sa pleine expression, à partir d’événements courants de l’existence, apparaît nettement et offre des aperçus saisissants sur le fonctionnement d’un esprit particulièrement pénétrant. Lire la suite

  p. 203-203

Paul Giniewski : L’an prochain à Umtata  ; Éditions Berger-Levrault, 1975 ; 312 pages - J.-F. A.

Depuis une quinzaine d’années, grâce à une dizaine d’ouvrages et de nombreux articles, Paul Giniewski s’est créé une réputation de défenseur convaincu du sionisme et de l’apartheidLire la suite

  p. 203-204

Guy d’Hermet : L’Espagne de Franco  ; Éditions Armand Colin, 1974 ; 302 pages - L. R.

L’abondance relative des livres consacrés à l’Espagne au cours des derniers mois ne simplifie pas le choix du lecteur à la recherche d’un « fil conducteur » capable de le guider dans le dédale des événements qui affectent ce pays voisin. Certains, comme l’ouvrage d’Edouard de Blaye, publié chez Stock sous le titre de Franco ou la monarchie sans roi, tracent la biographie de celui qui a régi pendant près de quarante ans le destin des Espagnols. D’autres, comme les livres-interviews de Régis Debray et Max Gallo (1) ou de Ramon Chao (2) reflètent les points de vue de personnalités de l’opposition au franquisme. Un seul, cependant, sous le titre L’Espagne de Franco, publié par Guy Hermet chez Armand Colin, dans la collection « U Prisme », s’efforce de lier le passé au présent et de donner une explication quelque peu complète et non-partisane de ce que l’on pourrait appeler le système politique de l’Espagne contemporaine. Lire la suite

  p. 204-205

Pierre Melandri : Les États-Unis et le « défi » européen 1955-1958  ; Puf, 1975 ; 210 pages - Claude Delmas

Les États-Unis ont toujours eu, à l’égard de l’intégration européenne, une attitude sinon équivoque, du moins troublée par des contradictions. En 1945, ils rêvaient de reconstruire le monde dans une perspective mondiale excluant toute organisation trop étroitement régionale. Ce n’est qu’à partir des grandes crispations de la guerre froide qu’ils portèrent une attention particulière à l’Europe occidentale où de nombreuses voix s’élevaient en faveur de l’unification politique. Lire la suite

  p. 205-206

Général Raoul Salan : L’Indochine Rouge  ; Éditions de la Cité, 1975 ; 175 pages - M. L.-C.

Trop, ou trop peu… C’est sur cette impression d’insatisfaction que reste le lecteur du petit volume (175 pages) par lequel le général Salan a voulu marquer le triomphe communiste en Indochine ex-française. Lire la suite

  p. 206-207

Revue Défense Nationale - Février 1976 - n° 352

Revue Défense Nationale - Février 1976 - n° 352

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Février 1976 - n° 352

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