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Mai 1978 - n° 377

Membre de l'Institut, l'auteur a fait, le 19 décembre 1977, une communication à l'Académie des Sciences morales et politiques dont nous reproduisons ici le texte. Prenant la hauteur de vues nécessaire à une large vision des rapports Est-Ouest depuis 1945, il en déroule le film en trois épisodes tout en faisant ressortir les idées qui, de part et d'autre, ont sous-tendu ces rapports. Il s'agit bien là, pour reprendre l'expression de l'auteur, d'une Geistgeschichte dont on ne saurait minimiser l'importance tant il est vrai que rien de grand ne peut s'accomplir sans un dessein élevé qu'animent des valeurs. Lire les premières lignes

  p. 9-24

Un exposé synthétique de la stratégie générale soviétique, de ses principes et de l'application qui en est faite en Europe et dans le monde. L'auteur montre que cette stratégie s'insère parfaitement dans un ensemble de conceptions géopolitiques et idéologiques qui forment un tout cohérent. Soulignant la puissance dynamique que donnent à cet ensemble le patriotisme et le messianisme du peuple russe, il en décèle cependant certaines faiblesses internes.

  p. 25-42

L'intervention soviéto-cubaine en Éthiopie a pu apparaître comme un simple retournement des alliances de la part de Moscou lâchant le régime du président Siad Barre pour soutenir celui du colonel Mengistu. Sans doute y a-t-il de bonnes raisons, du point de vue de la stratégie soviétique, à un tel retournement, mais le dessein soviétique est beaucoup plus vaste qu'il n'y parait d'abord. Il ne vise à rien moins qu'à donner à Moscou le contrôle des deux rives de la mer Rouge. L'attitude que va prendre l'Union soviétique face à la rébellion érythréenne sera la pierre de touche de la fidélité de Moscou à son nouvel allié éthiopien.

  p. 43-50

Planification, programmation, élaboration du budget : trois actes de prévision visant des échéances différentes et des périodes de temps plus ou moins longues dans la mise sur pied et l'entretien d'un système de défense. Comment réaliser la cohérence et la continuité des trois démarches et celles des processus qu'elles enclenchent alors que les données économiques dont dépendent étroitement les ressources financières nécessaires sont difficilement prévisibles et que l'incertitude attachée à leur évaluation varie en fonction des échéances ? L'auteur expose ici les problèmes que posent la planification et la programmation. Il souligne combien il importe que la méthodologie adoptée pour les résoudre soit pragmatique, souple et évolutive.

  p. 51-67

Face à une armée soviétique moderne, la défense chinoise appelle une modernisation. Les dirigeants de Pékin en ont la volonté et ne font pas mystère de leur recherche de concours étrangers pour les y aider. Mais là commencent les difficultés. Comment la Chine pourra-t-elle payer ? Jusqu'à quel point les Puissances désireuses de conclure des marchés d'armement oseront-elles le faire au risque de voir l'URSS s'en inquiéter et leurs relations avec elle se dégrader ? Mais, plus profondément, jusqu'à quel point la Chine elle-même, dont l'équilibre économique aussi bien que politique et social repose encore largement sur une base agricole, est-elle en mesure d'entretenir une armée dont la technologie correspond essentiellement à un modèle de société industrielle ? Lire la suite

  p. 69-84

Par sa Constitution de 1946, le Japon s'est interdit tout recours à la guerre. Par la suite cependant, les puissances alliées, signataires du Traité de paix de San Francisco en 1951, lui ont reconnu le droit de légitime défense. Plus même, les États-Unis ont signé avec lui en 1960 un traité de sécurité faisant obligation au Japon de participer au maintien de la paix et de la sécurité en Extrême-Orient. Par ailleurs, une véritable armée japonaise – du moins pour ce qui est de l'aviation et de la marine, même si elles sont encore de taille modeste – s'est reconstituée sous l'autorité d'une Agence japonaise d'auto-défense. Le Japon est d'autre part généralement crédité de la capacité de se doter d'un armement nucléaire le jour où il en déciderait ainsi. Mais il est une autre possibilité qu'on évoque moins souvent, c'est celle de voir le Japon devenir non seulement un fabricant mais encore un exportateur d'armements, d'autant plus qu'il pourrait produire à bas prix la partie la plus précieuse des armements modernes : l'électronique. Il y a là une tentation très forte que la montée des tensions en Asie pourrait rendre irrésistible.

  p. 85-98

Cet essai satirique n'est pas dirigé contre notre politique de défense, fondée ajuste titre sur la possession d'armes nucléaires, mais contre les doctrinaires de la dissuasion et contre leurs excès logomachiques.

  p. 99-106
  p. 107-114
  p. 115-123
  p. 125-134

Chroniques

Alors qu’en dépit de l’opposition de certains gouvernements arabes et des Palestiniens à un accord avec Israël, les entretiens Sadate-Begin avaient fait naître l’espoir d’un retour à la paix au Moyen-Orient, le conflit s’est rallumé dans des conditions et sous des formes telles qu’il a pris, une nouvelle fois, une dimension internationale. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a, à la demande du gouvernement libanais, décidé d’intervenir par l’envoi d’une « force intérimaire » – les « casques bleus » – qui, par sa seule présence, devrait séparer les belligérants (comme, en d’autres temps, au Congo et aux frontières égypto-israéliennes) alors qu’en Corée l’ONU était intervenue contre l’agresseur. Lire les premières lignes

  p. 135-138

États-Unis : La capacité d’intervention américaine Lire les premières lignes

  p. 139-147

À la fin de ce mois s’ouvrira à New York l’assemblée extraordinaire des Nations unies sur le désarmement. Ses travaux dureront jusqu’à la fin juin. C’est donc un nouveau débat sur la sécurité qui commence après celui dont notre politique de défense a été l’objet au cours de la campagne électorale. Il est heureux qu’aient lieu de telles controverses à condition qu’elles ne sèment pas la discorde au sein de l’opinion mais, bien au contraire, contribuent à l’éclairer. La presse n’est pas encore entrée dans le vif du débat sur le désarmement, toutefois elle l’a déjà amorcé en se montrant attentive au dossier de la bombe à neutrons. Lire les premières lignes

  p. 148-151

Audiovisuel : formation et équipement Lire les premières lignes

  p. 152-154

Le génie de l’air Lire les premières lignes

  p. 155-162

ÉTATS-UNIS : Composition de la flotte Lire les premières lignes

  p. 163-167

En Afrique occidentale, la Guinée renoue avec ses voisins Lire les premières lignes

  p. 168-174

* Les États-Unis ne permettront à aucune autre nation de s’adjuger une supériorité militaire… Nous devons prendre d’autres mesures pour préserver l’équilibre des forces stratégiques… Si nécessaire, je n’hésiterai pas à prendre toute mesure voulue par le développement et le déploiement sans restriction du missile mobile balistique intercontinental M-X et du Trident-2… Si l’Union soviétique ne fait pas preuve d’une certaine retenue dans le développement de ses programmes d’armement et dans le déploiement de ses unités ou de forces agissant pour son compte sur d’autres continents, le soutien de l’opinion publique américaine pour une plus grande coopération sera considérablement entamé. Lire la suite

  p. 175-176

Bibliographie

Jean-Pierre Alem : L’espionnage à travers les âges  ; Éditions Stock, 1977 ; 515 pages - Angelica Karolyi

La littérature sur l’espionnage est abondante. La matière inspire les écrivains et les historiens autant que les cinéastes. Souvent hélas les faits sont déformés, soit pour des raisons idéologiques et politiques, soit parce que les aventures inspirent un « roman » plutôt qu’un récit objectif. Lire la suite

  p. 177-177

Jean-Pierre Brule : Demain… l’armée soviétique  ; Éditions Copernic, 1978 ; 300 pages - Claude Delmas

Comme il l’avait fait il y a quatre ans pour l’armée chinoise, M. Brulé a voulu s’appuyer d’abord sur les faits et sur les chiffres, mais s’en sans tenir à eux, car les problèmes qu’il aborde comportent des données politiques sans la considération desquelles toute étude reste très incomplète. Pourquoi l’Union soviétique a-t-elle construit une armée aussi puissante ? « Bien que l’Occident n’en ait retenu que l’art, la musique et la littérature, l’histoire de la Russie a toujours été dominée par son aspect militaire : l’armée des tsars fut, durant deux siècles, le fondement de l’ordre intérieur de la société russe. Lire la suite

  p. 177-178

Jacques Huntzinger : Europes  ; Éditions Ramsay, 1977 ; 320 pages - Bernard Guillerez

Intelligemment conçu, écrit avec clarté, ce livre apparaît un peu comme le catalogue des idéologies qui ont façonné ou qui sillonnent encore notre continent. L’Europe, terre des contradictions pour l’auteur est aujourd’hui scindée en deux par les courants contraires du libéralisme et du socialisme. Un libéralisme entaché par le capitalisme des multinationales et un socialisme perverti par l’omnipotence de l’État. La guerre froide a encore accentué ce clivage, et Jacques Huntzinger analyse avec brio ce « face à face militaire ». L’histoire de l’après-guerre a ainsi livré l’Europe à une double hégémonie. Lire la suite

  p. 178-179

Laurent Lucchini et Michel Voelckel : Les États et la Mer  ; La Documentation française, 1978 ; 460 pages

Les mers ont cessé d’être un espace ouvert. Cent cinquante États réunis depuis 1973 au sein de la 3e Conférence des Nations unies sur le Droit de la mer essaient de définir un nouveau régime de l’espace marin, espace à trois dimensions, qui touche à l’alimentation, aux transports, à l’industrie, à l’énergie, aux matières premières, au commerce extérieur, à la stratégie, à l’environnement, à la recherche scientifique et dont les portions grandissantes font l’objet d’appropriations unilatérales. Mais bien qu’il soit commun à tous les pays, l’intérêt porté aux problèmes de la mer ne doit pas être compris comme exprimant le bien commun de la communauté des nations. On ne peut avoir une vue claire de cette tentative d’édification d’un nouvel ordre maritime international, de ses voies et de ses moyens, sans l’aborder par la spécificité, le particularisme propre à chaque État : tous d’ailleurs sont concernés par la mer. Lire la suite

  p. 179-180

John Lukacs : La dernière guerre européenne (septembre 1939-décembre 1941)  ; Éditions Fayard, 1978 ; 486 pages - P. I.

John Lukacs est à la fois un historien et un philosophe de l’histoire de réputation mondiale. Son dernier ouvrage paru d’abord en 1976 en anglais (Lukacs vit aux États-Unis en Pennsylvanie) aux éditions Anchor Prcss/Doubleday sous le titre The Last European War est traduit par Jean-Pierre Cottereau. Il est le résultat d’un travail extraordinaire dont l’auteur révèle toute l’ambition en ces termes : « Le champ d’étude de ce livre est l’histoire de tout un continent au cours d’une énorme convulsion qui dura deux années ». La dernière guerre européenne a commencé en septembre 1939 et est devenue la Seconde Guerre mondiale en décembre 1941. Plus qu’une phase préparatoire, ces années ont été décisives. Si Hitler avait vaincu les Anglais en 1940 ou les Russes en 1941, il aurait gagné la guerre : avant décembre 1941, une victoire allemande était probable ; après, elle devenait impossible. Lire la suite

  p. 180-180

Philippe Rondot : La Syrie  ; Puf, 1978 ; 128 pages - Georges Vincent

Héritière de la Grande Syrie dont le traité de Sèvres en 1920 consacra le démembrement et qui comprenait, outre le territoire syrien d’aujourd’hui, le Liban, la Palestine et la Transjordanie, la Syrie du Président Hafez el-Assad est plutôt mal connue des Européens qui ne la voient guère qu’à travers le conflit du Proche-Orient et qui ont tendance à assimiler le courage des Syriens à un extrémisme pour lequel ils n’ont aucune affinité. On oublie souvent – ou l’on ignore – qu’elle est une terre des plus riches en souvenirs historiques et en vestiges prestigieux. Lire la suite

  p. 181-181

Denis de Rougemenont : L’Avenir est notre affaire  ; Éditions Stock, 1977 ; 376 pages

L’avenir est notre affaire, entendez : à chacun d’entre nous et non point aux États. Denis de Rougemont voudrait créer une conscience européenne sur les cendres des nations. Deux références lui servent de garants : les États-Unis et la confédération helvétique. Il y a aux origines d’une telle démarche un sentiment rousseauiste qui porte l’auteur à condamner l’État tout comme le célèbre Genevois condamnait la Société elle-même. Dans les deux cas il s’agit de faire affleurer la conscience individuelle et de lui conférer un droit de sédition contre la communauté nationale. Pour Denis de Rougemont tout citoyen n’est en effet « qu’un individu assujetti à l’arbitraire ». Il faut donc « dessaisir » l’État-Nation de manière que « des hommes et des groupes d’hommes décident de reprendre en main leurs destins à l’échelon local et régional ». Lire la suite

  p. 181-182

Revue Défense Nationale - Mai 1978 - n° 377

Revue Défense Nationale - Mai 1978 - n° 377

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.