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Discours du président de la République, le vendredi 8 juin 2001, devant l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Avec un monde en perpétuelle évoluition, les conditions de sécurité sont modifiées. La France s'est, depuis longtemps, prononcée pour le respect du droit. Elle a aussi fait le choix d'une défense mobile, collective et européenne : enfin la dissuasion nucléaire reste un fondement. Lire la suite

  p. 5-19

À partir du 1er juillet 2001, la Belgique exerce la présidence de l'Union européenne et de l'Union de l'Europe occidentale. Le gouvernement a énoncé, début mai, les lignes de forces de sa présidence. De son côté, M. André Flahaut, ministre de la Défense, a défini six priorités en matière de sécurité et de défense destinées à guider les débats à venir entre les États membres, démontrant ainsi la volonté belge de faire progresser la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) de manière constructive. Durant sa présidence, la Belgique cherchera à promouvoir davantage de cohérence et d'efficience au travers d'une collaboration européenne plus poussée. Tout sera mis en oeuvre pour donner à ces engagements un contenu concret.

  p. 21-29

Les forces armées belges sont engagées aujourd'hui dans un double défi interactif. Elles doivent intégrer une nouvelle restructuration, davantage qualitative, inscrite au sein du nouveau plan stratégique de modernisation 2000-2015 entériné par le gouvernement, tout en assimilant les objectifs de forces et de capacités (headline goal) définis par l'Union européenne lors du sommet d'Helsinki et des réunions techniques qui suivirent.

  p. 30-42

« Le consensus entre Allemand et Français est absolument indispensable. C'est une condition sine qua non pour que les Européens puissent s'imposer dans un siècle nouveau ». Helmut Schmidt dans L'Europe s'affirme, 2001 Lire la suite

  p. 43-56

La poésie de la Résistance est souvent suspecte ; au regard des opérations militaires, elle peut apparaître anecdotique, secondaire, même dérisoire ; l’enseigner compromettrait la construction européenne ; enfin, ses auteurs se sont vus accusés de tirer bénéfice de la tragédie d’un peuple, de devenir des propagandistes, trahissant un ancien idéal de pureté révolutionnaire. Pourtant, en exaltant les valeurs de liberté, d’honneur, le devoir de mémoire, cette poésie a permis de rendre sa fierté à un pays anéanti. Elle a ainsi participé – et peut participer encore – d’un esprit de défense qui n’est pas étroitement nationaliste.

  p. 57-70

L'organisation pour la défense de la France doit, par une action continue et permanente, assurer au pays son indépendance et contribuer à asseoir son influence. Ce postulat condamne au rebut celles des forces armées qui seraient en attente d'un adversaire hypothétique. Il promeut en revanche les forces dont la mise en oeuvre quotidienne démontre à l'évidence leur utilité aux citoyens. En développant l'idée ainsi exprimée, les réflexions qui suivent proposent des orientations pour les missions, l'organisation et les moyens de la Marine nationale.

  p. 71-79

L'« interarmisation » (jointness), fait partie du discours récurrent au sein de l'institution militaire américaine. Pourtant, c'est au mieux le terme de « cohabitation » qui s'impose lorsque l'on observe la juxtaposition des différentes armées (Services) des États-Unis pour lesquelles l'interopérabilité reste encore aujourd'hui un défi. Ceci résulte de la traditionnelle rivalité entre armées qui repose sur la confrontation de cultures stratégiques divergentes, fondatrices de l'argumentation budgétaire. Enfermée dans son discours, chaque armée tend à conduire la guerre qu'elle sait plus que la guerre qu'il faut ; toute évolution stratégique est vécue comme une période de danger au cours de laquelle il convient de parer les menaces que chaque Service fait peser sur les autres. Lire la suite

  p. 81-96

Asie centrale, mouvements transnationaux et stratégies d’influence (1re partie)

L'auteur tente de définir l’espace eurasiatique, constitué du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan ; cinq républiques musulmanes, dotées de régimes autoritaires, où la vrai menace est la pauvreté.

  p. 98-100

L'auteur présente la nature et l’évolution des régimes politiques : régimes autoritaires mais fragiles, dont l’avenir est incertain en raison du manque de ressources, du manque d’expérience de souveraineté et défaut des forces armées au service de la nation.

  p. 101-113

L’auteur traite des mouvements islamistes. Observant une remontée de l’islam, une « réislamisation », il juge excessif de la confondre avec la mise en place systématique d’un islam radical et politique, lequel n’est en fait perceptible que dans deux zones d’agitation politique : au Tadjikistan (vallée de Garn) et en Ouzbékistan (vallée du Ferghana). Ainsi n’y a-t-il pas, selon lui, de menace stratégique islamiste : « les Taliban n’ont pas de projet d’exportation de leur modèle en Asie centrale ».

  p. 114-121

Le rôle de l’OSCE en Asie centrale est l’objet de cette intervention : l’auteur rappelle l’intégration au sein de cette organisation des cinq républiques. Dès juillet 1992, un programme d’appui aux pays d’Asie centrale est adopté, avant que l’OSCE ne s’intéresse à la gestion des crises à partir de 1994. Une véritable stratégie globale se met actuellement en place dans les domaines habituels d’activité de cette organisation.

  p. 122-127

Repères - Opinions - Débats

Lybie, janvier 2016 : un « faucon » a remplacé depuis 5 ans le président Kadhafi. Le pays tente alors d’atteindre l’objectif historique d’une grande Lybie, notamment au dépend de la Tunisie : de sérieux troubles éclatent et des troupes lybiennes pénètrent en Tunisie. Les gouvernements européens, poussés par une opinion publique fortement émue par l’immense retentissement médiatique de ces évènements, décident une « intervention de sécurité minimum », et obtiennent à cet effet le vote d’une résolution de l’Onu pour rétablir la pleine souveraineté tunisienne en faisant évacuer les Libyens entrés en Tunisie, prendre en mains la sécurité publique du Sud tunisien, y désarmer des groupes incontrôlés et déployer à la frontière un cordon sanitaire.
L’auteur, ancien directeur de l'IHEDN, propose ce scénario pour imaginer les conséquences sur la sécurité en France d’une intervention militaire française de l’autre côté de la Méditerranée.

  p. 129-133

S'ajoutant à la logique de territoire, qui correspond à la géopolitique, la logique de réseau est importante et différente. Importante car elle permet de décrypter la logique de situations complexes, de plus en plus nombreuses, où interviennent des facteurs extérieurs agissant en dehors d'un support territorial (par exemple télécommunications, multinationales, filières illégales). Différente parce que plus souple, plus volontariste, mieux adaptée à notre temps, faisant une large place à l'initiative individuelle. Reste à connaître davantage cette logique, qui se situe en marge de la géopolitique.

  p. 134-140

Chroniques

  p. 141-144
  p. 145-147
  p. 148-153
  p. 154-158
  p. 159-171
  p. 172-174
  p. 175-177
  p. 178-181

Bibliographie

Henri Eyraud : Chine : la réforme autoritaire - Jiang Zemin et Zhu Rongji  ; Bleu de Chine, 2001 ; 248 pages - Jean-Pierre Gomane

Les deux dirigeants chinois dont les noms figurent dans le titre de l’ouvrage sont encore peu familiers au public d’Occident ; rien n’a encore été publié sur eux en langue française. Ainsi l’on constate avec tristesse que la quasi-totalité des sources citées est constituée de travaux rédigés en anglais et, bien sûr, en chinois. L’auteur, en effet, pratique couramment cette langue qu’il a été conduit à manier journellement dans certains postes qu’il a occupés dans ce pays, comme dans les nombreuses études qu’il lui a consacrées ; c’est dire l’autorité qui s’attache à sa réflexion, contrairement à certains compilateurs qui se contentent de sources de seconde main. Lire la suite

  p. 182-184

Jacques Gravereau : L'Asie majeure. La révolution silencieuse de l'Asie orientale  ; Grasset, 2001 ; 332 pages - Eugène Berg

L’auteur, fondateur de l’Institut HEC Eurasia, professeur à HEC et plusieurs universités chinoises et japonaises, consultant d’entreprises et de gouvernements, sillonne l’Asie depuis trente ans. Voilà qu’après, entre autres, La Chine après l’utopie (Berger-Levrault) et Le Japon au XXe siècle (Seuil), il livre cette synthèse fort vivante et suggestive sur l’Asie orientale, située à l’est de l’Inde, qui regroupe quelque 2 milliards d’habitants. Lire la suite

  p. 184-187

François Gautier : Un autre regard sur l'Inde  ; Éditions du Tricorne, 2000 ; 191 pages - Alain Lamballe

Le récent ouvrage de François Gautier dérange car l’auteur ne mâche pas ses mots pour montrer la grandeur passée de l’Inde et pour condamner sans appel les invasions musulmanes et européennes qui ont partiellement détruit une grande civilisation. Certains, sans nul doute, reprocheront à l’auteur son amour immodéré pour les hindous et sa haine viscérale pour les musulmans. Quoi qu’il en soit, le livre, qui apporte la contradiction en faisant référence à des sources historiques sérieuses et à des découvertes archéologiques récentes, contribue à la connaissance de l’Inde. Il intéressera les lecteurs, spécialistes ou non, de cette région du monde. Lire la suite

  p. 187-188

Jean-Jacques Cécile : Du Golfe au Kosovo – Renseignement, action spéciale et nouvel ordre mondial  ; Éditions Lavauzelle, 2000 ; 222 pages - Michel Klen

Journaliste indépendant spécialisé dans le renseignement et les problèmes de défense, Jean Jacques Cécile a déjà publié aux éditions Lavauzelle Le renseignement français à l’aube du XXIe siècle. Il nous propose aujourd’hui un complément de cet ouvrage. Son nouveau livre présente l’évolution des services de renseignement civils et militaires depuis la guerre du Golfe face aux nouvelles menaces : mafias, sectes, trafics du crime organisé, désinformation, manipulation dans les médias et sur Internet, etc. Pendant près d’un demi-siècle, les organismes de renseignement ont été façonnés pour contrecarrer le danger représenté par les forces du Pacte de Varsovie. Après la chute du mur de Berlin, la crise irakienne et le conflit yougoslave ont mis en lumière les graves déficiences de ces services qui ont dû adapter leurs méthodes au nouvel ordre mondial, ou plutôt au nouveau désordre international. Lire la suite

  p. 189-190

Revue Défense Nationale - Juillet 2001 - n° 633

Revue Défense Nationale - Juillet 2001 - n° 633

Discours du président de la République, le vendredi 8 juin 2001, devant l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Avec un monde en perpétuelle évoluition, les conditions de sécurité sont modifiées. La France s'est, depuis longtemps, prononcée pour le respect du droit. Elle a aussi fait le choix d'une défense mobile, collective et européenne : enfin la dissuasion nucléaire reste un fondement.

Jacques Chirac