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  p. 0-0

Discours du président de la République, le lundi 27 aout 2001, au Palais de l’Élysée, à l’occasion de la réception des ambassadeurs. Lire la suite

  p. 7-20

Dans le nouvel environnement issu de l'après-guerre froide, où les enjeux de sécurité sur l'échiquier international ont été durablement modifiés, la marine adapte sa stratégie et ses moyens en visant leur adéquation aux réalités les plus probables. Ses nouvelles orientations portent avant tout sur la modification des parts relatives de la dissuasion et de la stratégie d'action. Ainsi, la composante de dissuasion est maintenue à un seuil de suffisance réévalué et l'action à partir de la mer est privilégiée. Mais la marine inscrit aussi sa stratégie dans une perspective accordant au service public une attention grandissante, et à travers son engagement résolu au service de la construction de l'Europe de la défense. En développant un outil cohérent, souple et plus polyvalent, et en optimisant l'interopérabilité avec nos alliés, notamment avec nos partenaires européens dans le cadre des objectifs fixés par le Conseil européen d'Helsinki, pour des missions désormais à vocation interarmées, la marine entend jouer un rôle essentiel dans le système de défense du XXIe siècle.

  p. 21-33

Politique spatiale pour l'Europe

Une « stratégie spatiale pour l'Europe » est en cours d'élaboration dans un climat d'assez grand scepticisme sous les auspices de la Commission européenne et de l'Agence spatiale européenne. Le sujet sera immanquablement évoqué lors de la prochaine réunion ministérielle de l'Agence en novembre 2001. Chacun convient que l'exercice est nécessaire, et porteur d'avenir. Les spécialistes constatent que des pas concrets (programme de radionavigation par satellites, plan d'action pour une initiative sur le contrôle des risques majeurs, les phénomènes climatiques et la sécurité environnementale) sont effectués dans la bonne direction, même si le chemin est tortueux. Pourtant, un certain flou demeure et les questions reviennent : tout cela n'est-il pas pure et simple rhétorique ? Ne s'agit-il pas plutôt d'une lutte pour le pouvoir dans le spatial ? Comment progresser sans bureaucratiser ? Lire la suite

  p. 34-40

Au moment où la construction de l'Europe entre dans une phase décisive, il parait intéressant de s'interroger sur la relation existant entre les politiques spatiales française et européenne. L'auteur, directeur général du Cnes, apporte une réponse qui souligne la cohérence existant entre leurs stratégies et la continuité qui préside à l'élaboration de ces deux politiques et de leurs programmes respectifs.

  p. 41-48

Comme à l'origine du programme, Ariane demeure aujourd'hui la clé d'une politique spatiale européenne autonome. Dans un environnement concurrentiel de plus en plus tendu, les deux partenaires de la filière Ariane doivent aujourd'hui se mobiliser pour garantir sa pérennité. À charge pour l'industrie de poursuivre son effort de rationalisation, et pour les gouvernements européens de réaffirmer leurs engagements. C'est au Conseil ministériel de l'ESA qui aura lieu à Édimbourg les 14 et 15 novembre prochains, que ceux-ci auront l'occasion de montrer l'ampleur de leur volonté politique, en soutenant les divers programmes liés à Ariane

  p. 49-60

L'industrie spatiale européenne est performante mais fragile. Elle résulte d'une politique volontariste de trente ans orientée sur la science, les services civils et l'accès à l'espace. Pendant longtemps l'espace militaire a été le parent pauvre. Après les conflits du Golfe et du Kosovo, l'actualité vient, tragiquement, à nouveau souligner le besoin européen de renseignement et de télécommunications sécurisées à l'échelon mondial. Des programmes tels que Syracuse III, Hélios, Pléiades, Sar-Lupe, Cosmo sont une première réponse. Les industriels européens sont également prêts à relever le défi de la navigation spatiale (Galileo), de la surveillance de l'espace et de la défense antimissiles.

  p. 61-68

Constatant l'intérêt grandissant de l'Europe, de ses institutions, de ses élus pour l'espace, alors qu'inversement les financements publics stagnent voire sont en décroissance, l'auteur propose quelques réponses possibles. L'effort sur les lanceurs (programme Ariane 5+) devrait être accentué, comme celui sur leur infrastructure (centre spatial guyanais). Action coordonnée et financements publics apparaissent nécessaires. L'Europe doit par ailleurs soutenir fortement les programmes de satellites de télécommunication (AlphaSat), de navigation (Galileo) et d'observation de la Terre au bénéfice de l'initiative Global Monitoring for Environment and Security (GMES). Lire la suite

  p. 69-78

Depuis deux ans, l'édification de la défense européenne commune est en marche. À l'occasion des Conseils européens, les chefs d'États et de gouvernement ont pris des mesures pour acquérir et renforcer les capacités européennes de gestion des crises militaires et non-militaires en tant que partie de la politique de sécurité et de défense européenne commune et du pilier européen de l'Alliance atlantique. Pour que les décideurs aient à leur disposition, et à tout moment, une vision actualisée et complète de la situation, l'Union européenne doit notamment se doter des systèmes spatiaux appropriés de télécommunication, de reconnaissance, d'écoute électronique, d'alerte avancée, de surveillance de l'espace. Compte tenu des contraintes budgétaires nationales, cette volonté européenne est devenue une nécessité pour la défense française. Avec une participation équilibrée de l'ensemble des partenaires et surtout, un esprit communautaire volontariste, l'acquisition d'une capacité répondant au justes besoins de la défense européenne et performante dans tous les domaines spatiaux, est accessible financièrement. Si les militaires expriment clairement leurs besoins, l'Europe saura créer l'organisme mandaté par les États pour assurer l'expertise nécessaire et exercer la maîtrise d'ouvrage des programmes spatiaux militaires qui lui sont indispensables pour répondre à ses ambitions et à son autonomie de décision.

  p. 79-96

Dans la crainte d'un nouveau « Pearl Harbour » neutralisant ses satellites, l'Administration Bush a annoncé son souhait de relancer les programmes d'armes spatiales. Combinée à la remise en vigueur d'un système de protection antimissiles, une telle évolution semble trouver toutes les conditions d'un développement rapide. Pourtant, la militarisation de l'espace ne correspond pas totalement aux changements profonds constatés ces dernières années aux États-Unis. L'importance donnée à la domination militaire par la maîtrise de l'information suggère d'autres pistes qui, sans être totalement opposées aux projets actuels, s'appuient néanmoins sur d'autres stratégies et vont dans d'autres directions.

  p. 97-110

Repères - Opinions - Débats

Les véritables enjeux du projet de défense antimissiles, désormais lancé par George W. Bush sur des bases plus larges que celles du programme Clinton, portent moins sur la protection des États-Unis contre les « États voyous » comme le proclament les déclarations officielles, que sur la disparition à terme de la stratégie de « destruction mutuelle assurée », stratégie qui avait dominé la guerre froide. Lire la suite

  p. 111-125

Après avoir évoqué le George Marshall Center et relevé la faible participation française , le conférencier a présenté les analyses géostratégiques qui s'imposent aujourd'hui, les dangers, les risques et les menaces avant d'étudier les réponses des États-Unis, de l'Union européenne, de la Russie et celles de l'Otan. Ayant introduit la notion de sécurité coopérative, élément du nouveau concept stratégique de l'Otan, le général Faupin étudie le lien transatlantique et son avenir, les points de divergence entre l'Europe, qui s'efforce de construire sa défense sans en avoir les moyens et sans se les donner, en tout cas sans faire la preuve de sa détermination, et les États-Unis qui ont pris la décision de construire un système antimissiles, et qui ne comprennent pas toujours les réactions des pays européens. Pourtant, les relations transatlantiques sont condamnées à s'améliorer. Ce lien est capital pour notre survie, au moment où l'Amérique s'intéresse à l'Asie.

  p. 126-143

Le bilan de la présidence suédoise est très positif en matière de défense. Les organes appelés à gérer les crises ont été installés : Comité politique et de sécurité (Cops) ; Comité militaire, présidé par le général Hägglund ; État-major de l'UE dirigé par le général Schuwirth. Les catalogues de capacité ont été approuvés : HFC, HFC Supplement, HPC , HTF + . Le concept d'exercice et d'entraînement a été rédigé et comporte un programme jusqu'en 2006. La gestion civile des crises a été l'objet de travaux importants, même si on n'en est pas encore au stade espéré de la conférence d'engagement.

  p. 144-152

Après avoir, dans une première partie, identifié la menace biologique, l'auteur, dans cette seconde partie, analyse la menace sociétale qui réside essentiellement dans l'utilisation de la génétique à des fins que l'éthique réprouve et la menace économique qui réside essentiellement de la mainmise de grandes sociétés sur des pans entiers de l'économie. Dans le cas des OGM, des menaces supplémentaires apparaissent par suite des tergiversations des décideurs politiques et de l'occupation du terrain médiatique par des mouvements dont le but premier est, souvent, la remise en cause du modèle économique de notre société. Des décisions s'imposent pour éviter à la France de perdre pied par rapport à ses concurrents et pour rassurer nos concitoyens.

  p. 153-166

Dans le domaine international, les causes classiques de désordre sont bien connues. Elles se sont aggravées. Certains États font preuve d'un nationalisme exacerbé. D'autres, ou les mêmes, n'hésitent pas à recourir à la plus grande violence pour faire triompher ce qu'ils jugent être leur bon droit. De nouveaux acteurs récemment apparus sur la scène mondiale n'ont pas toujours le sens des responsabilités que donne l'expérience. Outre les États, s'y manifestent désormais un foisonnement d'organisations (institutions mondiales ou régionales, ONG, multinationales). Les rééquilibrages démographiques prennent une importance grandissante. Des idéologies restent menaçantes pour l'ordre traditionnel. Les progrès techniques permettent d'accroître des propagandes partiales à une échelle jamais égalée. Lire la suite

  p. 167-173

Chroniques

  p. 174-178
  p. 179-181
  p. 182-185
  p. 186-190
  p. 191-202
  p. 203-207
  p. 208-211

Bibliographie

Thierry Garcin : Les Enjeux stratégiques de l'Espace  ; Bruylant, 2001 ; 164 pages - Marcel Duval

Il est inutile de présenter à nos lecteurs Thierry Garcin, puisque nous avons eu souvent l’occasion d’appeler leur attention sur ses ouvrages. Aujourd’hui, le producteur très estimé de l’émission quotidienne sur France Culture intitulée « Les enjeux internationaux » nous présente ceux de l’Espace, où la compétition technique, la concurrence commerciale, la rivalité militaire, ont remplacé le rêve, sinon l’aventure. Et, dans son introduction, il appelle notre attention sur les particularités des projets concernant l’espace, à savoir les liens qui existent entre programmes civils et programmes militaires ; la globalité des enjeux qui en résultent ; la réversibilité souvent constatée des projets grandioses ; le rôle dominant, pour ne pas dire dominateur, qu’y occupent les États-Unis ; le rôle incitatif qu’y a joué la France en Europe ; et enfin la simple marque de prestige qu’y recherchent parfois « les plus petits ». Lire la suite

  p. 212-213

Pascal Chaigneau : Gestion des risques internationaux  ; Economica, 2001 ; 323 pages - Marcel Duval

Nous avons déjà eu l’occasion de présenter à nos lecteurs des ouvrages dirigés par Pascal Chaigneau, personnalité encyclopédique s’il en est, puisque titulaire de quatre doctorats (en lettres, droit, économie et sciences politiques), avocat international, directeur du Centre d’études diplomatiques et stratégiques, professeur à HEC, et maintenant professeur des Universités. Aujourd’hui, dans ce nouvel ouvrage et avec la participation d’une quinzaine d’experts pour la plupart juristes et économistes, il met à notre disposition une réflexion d’ensemble sur la « gestion des risques internationaux ». Et cela dans leur « nouveau profil », puisque, avec la fin de la guerre froide et l’arrivée de la « mondialisation », le contexte économique s’est profondément modifié ; il en est donc de même des concepts de « risque » et « indicateurs de vulnérabilité », chers aux économistes ; et c’est à leur actualisation que l’ouvrage a voulu se consacrer. Lire la suite

  p. 213-214

Jocelyn Clerckx : La vérification de l'élimination de l'arme chimique  ; LGDJ, 2001 ; 307 pages - Pierre Morisot

Ici point de valences doubles ou triples, de formules en forme d’hexagone ni d’odeur de moutarde, pas plus que de considérations politico-stratégiques comme celles que l’amiral Duval développa avec talent à plusieurs reprises dans ces colonnes, mais une étude purement juridique des mécanismes d’application liés à la Convention de 1993. Le travail est sérieux, processionnel, parfois un peu répétitif, à l’image des 150 pages et des 24 articles du texte de la Convention (beaucoup plus précis et contraignant que celui de son prédécesseur, le protocole de Genève de 1925) et à celle de l’« entité vérificatrice » qu’elle a créée, l’OIAC, « véritable machine… disposant d’un arsenal procédural et normatif ». Nous sommes en faculté de droit : la structure ternaire du livre (trois parties de chacune trois chapitres) est du plus beau classicisme, la table des matières dessine des mailles étroites et les transitions ne sont jamais oubliées. Mais, de même que le régime de vérification tient la plus grande place dans le document de Paris, de même – et logiquement – un chapitre majeur intitulé « L’établissement des faits » occupe le tiers de l’ouvrage : il s’agit alors des inspections qui vont compléter des déclarations où peuvent se glisser mauvaise foi ou incompétence. Lire la suite

  p. 215-216

Alena Lapatniova : Biélorussie : les mises en scène du pouvoir  ; L'Harmattan, 2001 ; 133 pages - Viviane Castel (du)

Alena Lapatniova, spécialiste des rapports entre la société et le pouvoir en Biélorussie, décrypte au travers de son ouvrage les méandres de la politique dans ce pays. Le texte est augmenté d’une préface d’Alain Blum, directeur d’études à l’EHESS, de témoignages de Biélorusses et d’intéressantes annexes. Lire la suite

  p. 216-216

Revue Défense Nationale - Octobre 2001 - n° 635

Revue Défense Nationale - Octobre 2001 - n° 635

 

Christian Quesnot